CRITIQUE

[CRITIQUE] LA TRILOGIE LE LABYRINTHE

Tirés d’une saga littéraire intitulée L’épreuve et écrite par James Dashner, les films Le Labyrinthe proposent une aventure qui oppose de jeunes adolescents contre une terrible (ou pas) organisation. Tout réside dans des mystères inquiétants, des découvertes étonnantes, et dans un rythme soutenu, les héros sont propulsés dans des situations explosives. Constat d’une trilogie qui pourrait être l’une des meilleures du genre.



LE LABYRINTHE

de Wes Ball (2014)

Le-Labyrinthe-Affiche-Finale-France

Le nouveau débarque dans cet endroit étrange comme une fleur. Il ne sait pas comment il en est arrivé là, ni d’où il vient. Même son prénom lui échappe. La communauté dans laquelle il se trouve, exclusivement constitué de jeunes garçons, est emprisonnée depuis quelques années déjà dans une sorte de clairière géante, entouré non pas d’arbres mais de murs gigantesques. Derrière ces murs, un labyrinthe très dangereux, encore plus démesuré, peuplé de monstres sanguinaires. Le nouveau, très curieux, s’intéresse à ce qui se passe là-bas. Mais personne n’a le droit d’y entrer, à part les Coureurs, qui cherchent une sortie. Qui cherchent des réponses. Alors forcément, le nouveau, Thomas (oui, il a retrouvé son prénom après une bagarre, au passage), veut devenir un Coureur. Seulement, depuis son arrivée, des choses bizarres se passent. Des événements tragiques même. Et rien ne sera plus comme avant.

Dès les premiers instants du film, on est plongé dans l’inconnu le plus total. La mise en place du background est rapide, sans remplissage inutile, mais parfaitement bien huilée. La découverte de cet univers est même plutôt passionnante. Ce qui, en soit, constitue l’une des principauté de ce genre de film (le Young Adult). Tout comme on découvrait un monde despotique dans Hunger Games, ou magique dans Harry Potter, Le labyrinthe nous plonge aisément dans cette aventure de survie, certes loin d’être originale, mais vraiment divertissante.

On pense à Lost pour ces mystères et ces gens forcés de vivre en société précaire, et à Cube pour le côté labyrinthe hi-tech qui semble suivre une logique étrange. Des bonnes références qui nous parlent. L’intrigue est mené avec intensité : pas forcément par de nombreuses séquences d’action, car il y en finalement très peu, mais par des rebondissements réguliers, qui rendent intéressante et captivante la progression de l’histoire.

Alors oui, on a du cliché franchement interdit en 2014, on a de la phrase made in neuneu-land, ainsi qu’une potiche excessivement inutile, mais bizarrement, on peut faire abstraction de ces quelques défauts pour aisément se prendre au jeu.

Côté casting c’est vraiment très bon. A commencer par ce Dylan O’Brien (Teen Wolf), charismatique et entraînant. Il arrive à convaincre dès les premières minutes, et restera sans conteste l’atout majeur tout le long du film. Thomas Brodie-Sangster (Game of Thrones) s’en sort très bien dans le rôle de Newt (hésitant entre faire bouger les choses et se complaire dans des acquis de tranquillité), et Will Poulter (Les Miller, une famille en herbe), malgré sa sale tronche, fait parfaitement l’affaire en tant qu’antagoniste de l’histoire. Même si, encore une fois, le personnage joué par Kaya Scodelario (Skins) est d’une inutilité affligeante, rajoutant simplement un prétexte de touche féminine, ainsi qu’un mystère de plus à résoudre.

Il est donc plus facile de reconnaître les qualités de ce Labyrinthe, plutôt que d’être distrait par ses instants peu élogieux. D’autant que, plus le récit avance, plus on est scotché par la tournure effréné que prend le film, et fini même par dévoiler une facette inespérée : la conclusion est assez sombre, quasi sans espoir, qui promet une suite des plus alléchantes.

Seulement, il y a un gros « mais ». Le réalisateur, dont c’est le premier long-métrage, arrive à gérer son budget serré (34 millions de dollars) pour nous fournir un spectacle assez réussi visuellement. C’est pas toujours très jojo, mais ça fait amplement l’affaire. Après tout, Wes Ball est un autodidacte dans les effets spéciaux, qui avait réalisé un court-métrage ultra prometteur, Ruin, et qui avait marqué certaines personnalités d’Hollywood. Propulsé metteur en scène d’un coup, le voilà chef d’orchestre d’une future franchise. Pour ce qui est d’instaurer une ambiance, pas de problème, il est présent. 

Par contre, quand il s’agit de filmer une scène d’action, là, y’a plus personne. Le mec décide de la jouer à celui qui devinera ce qui se passe à l’écran, et secoue sa caméra comme un barge. Limite si on l’entend pas se marrer derrière l’écran le gars. Des scènes qui auraient pu être des moments intenses, prenants, finissent par devenir ni plus ni moins que de la bouillie indigeste, interdit aux plus épileptiques d’entre vous. Et si l’univers n’avait pas été aussi attrayant, ou que ces acteurs n’avaient pas vraiment convaincus, Le Labyrinthe aurait facilement pu se taper un zéro pointé…

C’est d’autant plus agaçant quand on voit la fluidité dont il a fait preuve pour son court-métrage, qu’on vous met ci-dessous pour vous rendre compte de la différence (si vous avez vu le film, bien entendu…).


Logo Note LCDFPOUR LES FLEMMARDS : Le Labyrinthe, c’est une réalisation pénible et épileptique, mais une instauration des bases très prometteuse, un développement captivant, un casting solide et surtout une fin vraiment intéressante.

NOTE : 3,5/5



LE LABYRINTHE : LA TERRE BRÛLÉE

de Wes Ball (2015)

Le Labyrinthe 2 aff FRAprès avoir géré comme un chef l’épreuve du labyrinthe de la mort qui tue, Thomas (ou Tom-Tom pour les intimes) emmène ses amis vers un nouveau destin inconnu. En atterrissant dans un immense complexe protégé par l’organisation Wicked, ils découvrent d’autres gamins, survivants eux-aussi d’épreuves similaires. Ça pourrait être bien, si un détail ne venait pas tout foutre en l’air : Tom-Tom ne retrouve pas sa Nana. Ou du moins, la seul fille qui était dans le labyrinthe avec tous ces mecs (dans la réalité, elle ne serait plus de ce monde, ndlr). Et en la cherchant, il va découvrir des choses traumatisantes, comme s’il apprenait que Harry Potter n’était en fait pas gay (parce que ne pas se jeter une seule fois sur Emma Watson en sept années de cursus scolaire, c’est être gay !). 

Scandalisé (et nous donc !), Tom-Tom va déclencher une rébellion désespérée avec une minorité d’amis (dont un chinois qui met des coups de genoux à la Ong-Bak du pauvre) contre une armée entière. Et bien lui en a pris car ces ados se trouvent être finalement plus malins et plus forts que les gardes armés, qui en plus sont censés connaître les lieux comme leur poche. Trop balèze ! Du coup, les voilà dehors en deux-deux, Nana compris, avec trois bouteilles d’eau, un flingue et des slips de rechange, pour se diriger là où le vent les portera. Seulement, dans un désert aride et inhospitalier, infesté de zombies sanguinaires, poursuivi par une méchante organisation et sans Google Maps, ça risque d’être tendu non ? Amateur ! Tom-Tom, il fait aussi office de GPS, alors c’est fastoche ! En plus, en bon leader qu’il est, il connaît déjà son objectif : retrouver celui qu’on appelle le Bras Droit – toujours plus utile qu’une jambe gauche -, un être doué d’intelligence à l’esprit contestataire. Un rebelle quoi. Et apparemment, il s’est planqué dans les montagnes, parce que la montagne, ça vous gagne.

Bref, à partir de là, les ados vont découvrir ce qu’est devenu leur monde – ravagé par le succès de The Last of Us (des références plus appuyés que ça, tu meurs !) -, et rencontrer une société du pauvre qui se la joue Mad Max : au-delà du Dôme du tonnerre (Tina Turner est juste remplacé par Giancarlo Esposito, le Gus de Breaking Bad, mais jouent aussi bien l’un l’autre) dans une course effrénée pour sauver leur peau. Enfin, effrénée, c’est vite dit… Parce qu’entre deux câlins mal filmé avec les zombies décimés par un virus et des éclairs destructeurs à la Mad Max : Fury Road en version Leader Price, les ados discutent. Beaucoup. Une fois c’est bon. Deux fois aussi. Dix-neuf fois ça commence à faire long. Surtout quand c’est pour dire de la merde. 1) ça ne fait pas avancer l’histoire – le film est road-movie allant d’un point A à un point B sans aucune consistance -, et 2) les personnages sont toujours aussi creux, voir même plus que dans Le labyrinthe. Un scandale !

Les anciens du groupe sont relayés au rôle de simples suiveurs (Minho mérite une meilleure place bordel !), et les nouveaux n’ont aucun charisme. L’un d’eux va d’ailleurs mourir dans une scène qui se la joue dramatique, intense et dur, sauf que… ben ouais ok mais c’est qui lui ? Il a un prénom ? Il a dû dire trois phrases depuis qu’il est là, et on essaye de nous faire croire que « putin c’est méga-triste quoâ, vien on pleur ! » ? Même dans Expendables 2 c’était mieux fait…

Et c’est rageant tout ça, parce que la tension et le mystère du Labyrinthe premier du nom fonctionnait parfaitement ! Voir que tout vole en éclat pour fournir du cliché à gogo (virus, remède, expériences, zombies, amourette, trahison…), de la tête à claque énervante (mais ferme ta bouche Theresa, ferme ta bouche !) et des incohérences de taré (« Ne les tuez pas, ils sont trop importants… mais balançez moi une ogive dans le campement là, ça les réveillera ! »), ça donne presque envie de dire qu’Hunger Games ou Divergente sont mieux… Non, pardon, pas Divergente en fait. Faut pas pousser.


Logo Note LCDFPOUR LES FLEMMARDS : Personnages encore plus creux qu’avant, univers référencé à outrance, cette suite gâche les bonnes bases posées par le premier pour retomber dans le young adult typique, aux messages et au but complètement vain. Grosse déception.

NOTE : 2/5



LE LABYRINTHE : LE REMÈDE MORTEL

de Wes Ball (2018)

Le Labyrinthe 3 aff FR

Après avoir trouvé la clef du labyrinthe, s’être baladé dans un désert aride où s’amusaient tranquillement des bourguignons (ou des Fondus, impossible de se rappeler), et défié une armée de soldats en intérim, il était temps pour Tommy d’en finir. Maintenant, l’ex-Nouveau n’a qu’un seul but : détruire Wicked, l’organisation toute méchante. Seulement, avant d’accomplir sa tâche, il lui manque (encore) une chose terriblement importante : son chinois porte-bonheur, Minho.

Hélas, la première tentative de sauvetage est un échec. Dans une scène étonnamment bien emballé (vu qu’on considère Wes Ball comme un manchot quand il s’agit de filmer l’action, on tient à soulever ce point), Tommy et sa bande parviennent à arracher un wagon entier d’otages, mais pas d’asiatique dans la foule. Du moins, pas le bon. Enervé, pas content, Tommy fait du boudin, et décide de faire le rebelle.

Comme l’urgence est d’amener les survivants loin de ce continent à l’aide d’un bateau bien dégueu, il fait un gros fuck à tout le monde et se barre seul vers la forteresse imprenable du QG de Wicked, là où se trouve Minho donc, mais aussi sa Nana (vous savez, celle qui les a lâché dans Le labyrinthe : la Terre Brûlée et va faire des études de biologie chez l’ennemi, pépouze). Par chance, Tommy est suivi par une poignée de potes, et ni une ni deux ils s’engouffrent dans une aventure palpitante.

Et sans rire, Le labyrinthe : le Remède Mortel est vraiment palpitant. C’est d’ailleurs le gros point fort du film. Là où le deuxième opus paraissait interminable à base de dialogues affreux qui n’avançaient pas le schmilblick et de péripéties illisibles donc ennuyeuses, ce final rectifie parfaitement le tir en injectant un rythme assez fou, le tout filmé avec une nette amélioration (la shaky-cam hardcore s’est stabilisée, et ça fait du bien !). Comme plus de la moitié du film concerne le sauvetage de Minho, la situation d’urgence est parfaitement retranscrite, à peine atténuée par la partie Wicked qui montre l’envers du décor (ça permet quelques réponses, même si ça n’est pas ultra passionnant, ni franchement surprenant).

Alors oui, on ne va pas se leurrer, comme à chaque fois dans cette franchise, ça reste toujours aussi bête, avec des raccourcis faciles et des clichés lourdingues. « Comment pénétrer dans une grande ville impénétrable où aucune pénétration n’est possible ? » Pas de problème : un trou, des égouts, une porte et le tour est joué. « Comment faire pour vaincre une armée ultra-entraînée ? » No soucy : ils sont toujours en stage et tirent donc à longueur de temps dans le vide. « Nous sommes dans une situation catastrophique où la mort est la seule solution envisageable, qu’allons-nous faire ? » Easy : on pique un vaisseau ennemi et on file un coup de main… trois fois ! Des exemples comme ça, il y en a à la pelle (et croyez-le, d’autres sont encore plus aberrants), mais là où ça paraissait énervant dans La Terre Brûlée, ça en devient routinier et noyé dans la masse ici, tant tout s’enchaîne assez vite.

L’énergie dont fait preuve Le Remède Mortel est communicative, et si l’amélioration de Wes Ball dans sa réalisation et la cadence du film y sont pour beaucoup, n’oublions pas un casting encore une fois solide, Dylan O’Brien en tête. L’acteur mène la barque haut la main, et ceux qui gravitent autour de lui parviennent presque tous à exister. Même Kaya Scoliose semble moins tarte (son stage dans les Caraïbes avec Jack Sparrow a dû l’aider).

En parlant de tarte, la petite surprise du chef vient du fait que la romance à l’eau de rose entre Tom-Tom et Nana est largement atténuée, au profit d’une bromance fort sympathique. Tommy a toujours le coeur qui fait boum-boum pour la traîtresse de l’histoire, mais on retiendra surtout le lien qui l’unit à ses potos, et plus particulièrement à Newt, celui qui le suit depuis le début. L’évolution de leur amitié est bien traité, quand bien même ça reste déjà vu, et permet d’offrir une scène particulièrement prenante sur la fin.

De ce fait, cette trilogie reste probablement l’une des meilleures du genre young adult. Ça n’atteint pas les cimes de l’excellence en tant que film, loin de là (pas comme pour certains Harry Potter), mais ça reste bien plus épique et généreux que les mous du bulbe Divergente et autres Hunger Games (pour ne citer que les plus complets).


POUR LES FLEMMARDS : Usant abusivement de clichés et raccourcis scénaristiques, cette conclusion offre malgré tout un spectacle généreux, dynamique, sincère, et surtout moins épileptique !

NOTE : 3,5/5

 

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