CRITIQUE

[CRITIQUE] WIND RIVER

FICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 30 août 2017
  • Titre original :
  • Réalisateur : Taylor Sheridan
  • Scénariste : Taylor Sheridan
  • Acteurs : Jeremy Renner, Elizabeth Olsen, Graham Greene…
  • Compositeur : Nick Cave et Warren Ellis
  • Genre : Vent glacial et Rivière de tristesse
  • Pays : Amérique
  • Durée : 1h50


En pleine nuit, dans un froid implacable, une femme court dans la neige, pieds nus. Quelques minutes après, épuisée, elle va se taper un roupillon près d’un arbre, puis meurt. Personne ne lui a dit qu’un footing à -20°, c’est une mauvaise idée ?

Le lendemain, une jeune agent du FBI (Elizabeth Olsen) est chargée de l’enquête, savoir si vraiment la victime était débile à ce point, ou si elle avait un souci (spoiler : elle faisait pas un footing en fait !). Aidée par un chasseur du coin, un mec divorcé accroc aux traces de neige (Jeremy Renner), et du chef de la police locale un brin blasé (Graham Greene), elle va tenter de résoudre cette affaire sordide, qui va la confronter à un monde hostile, sauvage, où les habitants n’ont quasiment plus rien à perdre – et encore moins à gagner -, et qui n’est régit ni par la justice, ni par la chance, mais juste par un désespoir éternel et violent. Car ici, soit on survit, soit on abandonne.

Scénariste des excellents Sicario et Comancheria, Taylor Sheridan se lance dans la réalisation, histoire de clôturer lui-même sa trilogie sur les conséquences encore actuelles de la conquête de l’Ouest, sur les nouvelles frontières américaines. Et si rien d’exceptionnel ne vient enjoliver sa façon de filmer (Denis Villeneuve et David Mackenzie pour les deux films cités plus haut ont clairement une maestria d’un autre niveau), Sheridan parvient malgré tout à faire entrer le spectateur dans cet univers sec et glacial sans le moindre souci.

Son scénario est encore une fois habilement construit, et cela même s’il fait preuve d’un classicisme indiscutable. Car c’est plus dans son exécution qu’on y trouve un savoir-faire total. Des personnages écrits au cordeau, une discrète mais palpable montée de tension, un flash-back posé à un moment absolument parfait, une résolution digne d’un western, un décor considéré comme un personnage à part entière : tout est admirablement maîtrisé.

Dénonçant l’abandon du peuple amérindien dans ces terres sauvages, et plus particulièrement sur le fait que les disparition de ces femmes ne sont même pas répertoriées au sein des agences gouvernementales, Wind River lance un message qui fait froid dans le dos. Développant un point de vue de cette vie sauvage interne (Jeremy Renner et sa souffrance perpétuelle, Gil Birmingham et son deuil déchirant, Graham Greene et son quotidien de laissé pour compte) aussi bien qu’externe avec l’innocence et la fragilité d’Elizabeth Olsen, le film n’est pas avare en émotions fortes, et montre sans détour la dure réalité que vivent tous ces habitants.

Et dans toutes cette avalanche de cruauté, de tristesse, saluons les prestations d’absolument tous les acteurs. Le casting, solide et impeccable, est dominé par un Renner irréprochable, tout en sobriété, une Olsen touchante, perdue mais droite, et un Birmingham poignant, mélancolique, comme une extension logique de son excellent personnage de Comancheria.

Wind River n’en n’oublie pas non plus son côté polar, sa chasse à l’homme énigmatique, où l’enquête passionne tout du long et propose quelques pics de moments intenses bien senties (le dernier est furieux), pour une résolution aussi simpliste que terrifiante. Car quand il ne reste que le silence et la neige, difficile d’y entrevoir un espoir reluisant…


POUR LES FLEMMARDS : Casting solide, émotions sincères, narration puissante, Wind River est très classique mais parfaitement maîtrisé. Il instaure un univers sec et glacial, où l’espoir s’est muté en souffrance éternelle. 

NOTE : 



Bande-annonce de Wind River :

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