CRITIQUE

[CRITIQUE] ETERNITÉ

FICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 07 septembre 2016
  • Titre original
  • Réalisateur : Trần Anh Hùng
  • Scénaristes : Trần Anh Hùng, d’après l’oeuvre Alice Ferney
  • Acteurs : Audrey Tautou, Bérénice Bejo, Mélanie Laurent …
  • Compositeur : Elise Luguern
  • Genre : Eternité d’ennui
  • Pays : France
  • Durée : 1h55


Quand on suit l’histoire d’une famille sur un siècle, ben forcément, y’a des naissances, des morts, des drames, des maladies, des histoires d’amour, des hommes qui tombent au front, des enfants qui jouent dans les jardins, des femmes qui les regardent en préparant le goûter… Et, forcément aussi, une saveur d’éternité se dégage de toutes ces images sur lesquelles passe le temps… 

Oui, on sait, dit comme ça, Éternité a l’air d’être un film splendide et poignant. Mais en fait, il n’est que chiant. Voilà, le mot est lâché. Ce film est chiant et, vraiment, il porte bien son nom tant on a l’impression que son visionnage, qui requiert courage et endurance, dure mille ans.

Alors d’accord, au niveau visuel, c’est très léché : beaux décors, belle lumière, beaux paysages, beaux costumes, beaux papiers peints (encore que, on n’est pas sûrs pour les papiers peints). Trần Anh Hùng joue à fond la carte de l’esthétisme et propose effectivement un film joli à regarder. Mais bon sang que c’est ennuyeux !

La majorité des plans sont tournés au ralenti. Il y a peu ou pas de dialogues, idiotement remplacés par une voix-off féminine au ton si monocorde que cela empêche totalement l’émotion de naître, en dépit des situations dramatiques qui sont dépeintes. Un piano tristounet égrène ses sonates pendant tout le film. Et on dit bien, tout le film ! Ça en devient insupportable.

Les personnages sont tous du même acabit : peu attachants, enfermés dans des conventions bourgeoises qui font d’eux des êtres sans relief, ternes, inhibés. Ils lisent de vieux livres, boivent le thé, copulent, procréent, meurent. Toujours dans un silence compassé. Les femmes sont des ventres mettant bas sans relâche des rejetons qu’elles tripotent plus sensuellement qu’elles ne tripotent leurs époux. Elles affrontent les deuils dignement, l’œil vide et le dos droit. Et toujours sans un mot. Elles vont de leur sublime appartement parisien à leur non moins sublime villa à jardins suspendus du sud de la France. Certes la mort frappe et la providence se fait souvent cruelle. Mais, de tout temps, il est plus facile de se consoler des coups durs de la vie dans un 8-pièces avenue de Messine que dans une studette à Courbevoie. Et à la fin, on en a plein le dos de cette tribu ultra-friquée qui nous raconte ses malheurs monotones. Surtout que la morale, in fine, de cette laborieuse démonstration se résume à des lieux communs du type « Les femmes auront des enfants qui auront des enfants qui auront des enfants » ou du type « La vie, c’est des naissances et des morts » (attention les concepts révolutionnaires !).

Pourtant, on sent bien que le réalisateur avait à cœur de susciter notre émerveillement et notre nostalgie. Le pauvre, il a bigrement raté son coup. Il faudrait peut-être rappeler à Trần Anh Hùng qu’un film n’est pas un tableau, et que le principe du septième art n’est pas seulement de présenter de belles images. Le cinéma, c’est aussi du mouvement, du verbe, de l’émotion. En plus, c’est dommage, ça aurait pu être une chouette saga familiale. Survoler l’histoire d’un clan sur cent ans, ça pouvait être un pitch alléchant, susceptible de développer des destins marquants, représentatifs de leur époque, capables de nous faire rire et chialer, capables surtout de nous captiver. Mais il aurait fallu pour cela plus de cris, de passion, de sueur, de larmes et de fougue. Toutes choses absolument absentes de ce long-métrage.


POUR LES FLEMMARDS : À moins d’avoir une folle envie de sombrer dans la neurasthénie ou d’être fan des sonates de piano qui durent deux heures, Éternité est plutôt un film à fuir.

NOTE : 



Bande-annonce d’Eternité :

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