CRITIQUE

[CRITIQUE] PIRATES DES CARAÏBES : LA VENGEANCE DE SALAZAR 

FICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 24 mai 2017
  • Titre originalPirates of the Caribbean : Dead Men Tell No Tales
  • Réalisateurs : Joachim Rønning et Espen Sandberg
  • Scénariste : Jeff Nathanson
  • Acteurs : Johnny Depp, Brenton Thwaites, Javier Bardem…
  • Compositeur : Geoff Zanelli
  • Genre : Tipiak Revenge  
  • Pays : Amérique
  • Durée : 2h10


N’est pas Gore Verbinski qui veut ! En voyant l’infâme Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence, on s’en était douté qu’il fallait autre chose qu’un manchot pour perpétuer les aventures extravagantes de Jack Sparrow. La pression sur les épaules de Joachim Rønning et Espen Sandberg, nouveaux capitaines à la barre de ce Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar, était donc assez énorme, puisqu’en plus de faire oublier le volet précédent, il fallait à tout prix retrouver le charme et la spontanéité de la (fabuleuse) trilogie de base, et ainsi reconquérir le cœur des fans.

L’angle d’attaque qui fut choisie tient en deux mots : épuration et nostalgie. Deux termes qui résument parfaitement ce nouvel opus divertissant, à défaut d’être extraordinaire, et qui se trouvent être plus salvateur que néfaste. Concernant l’épuration, elle concerne le scénario, qui se concentre exclusivement sur la quête principale (trouver le Trident de Poséidon, un artefact qui annule toutes les malédictions) en zappant les sous-intrigues, les histoires avec la Marine ou les quiproquos incessants qui prenaient une place énorme dans la trilogie.

Ce choix a pour effet d’impacter grandement le rythme du film, puisqu’à aucun moment Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar n’est ennuyeux. L’aventure est trépidante, tout s’enchaîne à merveille, en instaurant suffisamment d’humour, de dynamisme et d’émotion à l’ensemble.

Alors certes, ce n’est pas parfait, et on est quand même très loin du niveau du réalisateur de Lone Ranger. Le film ne manque pourtant pas trop de folie : l’apparition de Sparrow (moment toujours exaltant à découvrir) est très comique et s’enchaîne sur une scène démente et surréaliste digne de Fast and Furious 5 ; la scène d’exécution à la guillotine est cocasse à souhait ; le dernier acte se trouve être impressionnant… mais on ne peut s’empêcher de penser que ça reste bien trop sage en comparaison de la folie furieuse de Verbinski. Lui aurait rendu ça cent fois plus homérique et mille fois plus beau visuellement, sans aucun doute (rien qu’avec le final dantesque de Pirates des Caraïbes : Jusqu’au bout du monde de toute façon, il enterre tout).

Bien moins épique, la partition de Geoff Zanelli, remplaçant hélas Hans Zimmer, l’est tout autant. Le compositeur est ici incapable de créer un thème convenable qui chatouille les tympans, alors qu’il avait matière à s’éclater avec des scènes comme, par exemple, l’attaque des requins ou celle du flashback. Mieux encore, le nouveau gros méchant capitaine Salazar et son vaisseau impressionnant se devaient d’avoir une mélodie féroce, bouillonnante, qui aurait permis en plus à une scène d’être foutrement grandiose. On est loin de l’époque frissonnante de Davy Jones…

Cependant, des frissons, La Vengeance de Salazar nous en réserve quelques uns. Car outre l’épuration, c’est donc aussi la nostalgie qui prend une place importante. Ce cinquième volet se tourne beaucoup sur la trilogie maîtresse, en y faisant allusion continuellement, essayant de la respecter le plus possible, et de ce fait possède des moments de mélancolie plus qu’honorables. La scène d’introduction – qui pose l’enjeu du film en présentant l’affiliation du nouveau héros avec un personnage bien connu de la saga – est d’une efficacité redoutable, et les dix dernières minutes absolument poignantes.

Grâce à cette application de ne pas bafouer l’héritage (malgré des incohérences, comme ce foutu compas qui n’est pas censé être aux mains de Sparrow de cette façon, et qui n’explique en rien la malédiction dont Salazar est victime), le casting semble investit d’une mission primordiale et s’en sort à merveille. 

Si Johnny Depp, qui offrait une prestation totalement désincarné au cabotinage insupportable dans La Fontaine de Jouvence, parvient un peu à retrouver sa loufoquerie d’antan, c’est bien Brenton Thwaites qui convainc tout du long, et sa relation avec Kaya Scodelario – elle aussi très à l’aise – rappelle les bons moments du duo Will Turner/Elizabeth Swan (Orlando Bloom et Keira Knightkey). Sans oublier le fameux Barbossa, toujours interprété par le talentueux Geoffrey Rush, qui cette fois surprend par sa sensibilité, lui réservant l’instant le plus touchant du film. A côté de lui, Javier « Salazar » Bardem détonne par sa méchanceté pure, et même si l’acteur donne tout ce qu’il a, son personnage est bien trop bâclé pour convaincre totalement.


POUR LES FLEMMARDS : L’ampleur épique de Gore Verbinski et Hans Zimmer en moins, le film n’a pas à rougir de ses fulgurances divertissantes, souvent drôles, et surtout nostalgiques.

NOTE :



Bande-annonce de Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar :

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