CRITIQUE

[CRITIQUE] GHOST IN THE SHELL

FICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 29 mars 2017
  • Titre original
  • Réalisateur : Rupert Sanders
  • Scénaristes : Jamie Moss, William Wheeler et Ehren Kruger, d’après Ghost in the Shell de Masamune Shirow
  • Acteurs : Scarlett Johansson, Pilou Asbæk, Takeshi Kitano…
  • Compositeur : Clint Mansell et Lorne Balfe
  • Genre : Lucy in the Shell
  • Pays : Amérique
  • Durée : 1h45


D’emblée, cette critique pourrait ne pas plaire à certains car nous n’allons pas nous amuser au jeu des comparaisons avec l’oeuvre culte de Mamoru Oshii, ni même avec le matériau de base, le manga signé Masamune Shirow, moins profond et poussé que ce qu’a pu en faire Oshii.

Le Ghost in the Shell américain se veut tout public, voire même presque enfantin. La thématique principale du film est axé sur une bonne vieille crise identitaire du héros – ou plutôt d’une héroïne dans ce cas précis – qui se trouve être un aspect logique à explorer puisque du jour au lendemain, cette femme apprend qu’après un accident, son cerveau a été la seule chose à sauver, et qu’il a été transplanté dans un corps entièrement robotisé, faisant d’elle la première de sa génération.

L’angle choisit est ici plus simpliste, plus facile à appréhender. Il est grandement amputé de toute sa richesse philosophique, et ne fait qu’effleurer son concept, mais comme le film se tient solidement à sa ligne directrice tout du long, sans essayer de dénaturer l’univers créé en 1989, on ne peut qu’approuver la démarche et les efforts déployés. D’autant que si cette quête du « qui suis-je ? » passionne un tant soit peu le spectateur, Ghost in the Shell passe à la vitesse de l’éclair malgré un rythme lent. 

L’exercice de cette version de Rupert Sanders est donc délicat, car il oscille entre adaptation et copie conforme. Le réalisateur cherche aussi bien à plaire aux non-initiés de l’anime qu’aux purs fans harcore, et donc rend accessible ce récit alambiqué (au risque de le rendre assez creux) tout en reprenant un visuel à l’identique (jusqu’à plagier des plans point par point de la vision d’Oshii).

Mais c’est avec ce dernier point que Ghost in the Shell est une bonne surprise. La transposition en film live est bluffante. Pas une fois ça ne paraît ridicule. Pas une fois on se dit que ça ne fonctionne pas. Les innombrables plans de la ville, avec ces buildings gigantesques et ces hologrammes tout aussi impressionnants, permettent de facilement s’immerger dans ce monde atypique, l’excellente bande-originale de Clint Mansell et Lorne Balfe est particulièrement immersive elle aussi, et les séquences d’action, sans être foncièrement originales, sont suffisamment correctes pour être accrocheuses.

Sanders cherche donc à ne froisser personne tout en essayant de divertir tout le monde (concept forcément impossible), et même la polémique sur le fait que Scarlett Johansson soit l’héroïne en lieu et place d’une japonaise est détourné par une pirouette scénaristique plutôt efficace. D’ailleurs, le casting ne possède pas vraiment de fausse note (quel plaisir de retrouver Takeshi Kitano), et la Scarlett Lucy Widow Major – notre plus grosse crainte – s’en sort très bien (bon, elle aurait pu éviter sa démarche de camionneur, c’est sûr).

En somme, Ghost in the Shell n’a clairement pas à rougir face aux innombrables adaptations plus mauvaises les unes que les autres, et s’en sort vraiment bien pour un film de science-fiction en général, car c’est fait avec un réel sérieux. Même si, disons-le tour net, il ne rentrera pas dans les annales. 


POUR LES FLEMMARDS : Une simplification respectueuse – effleurant son concept et ses thématiques – mais réalisée avec soin et sérieux. Une bonne surprise, étonnamment trop courte.

NOTE : 3,5/5



Bande-annonce de Ghost in the Shell :

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