CRITIQUE

[CRITIQUE] KONG : SKULL ISLAND

FICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 08 mars 2017
  • Titre original
  • Réalisateur : Jordan Vogt-Roberts
  • Scénariste : Max Borenstein, Dan Gilroy et Derek Connolly
  • Acteurs : Tom Hiddelston, Brie Larson, Samuel L. Jackson…
  • Compositeur : Henry Jackman
  • Genre : Apocalypse Kong
  • Pays : Amérique
  • Durée : 2h


La déculottée du Vietnam n’a pas suffit. A peine sortis du conflit, les américains vont se trouver un nouvel ennemi. Encore. Car rester à rien faire sans taper du vilain, les américains ne savent pas faire. Heureusement, le taré de 10 Lane Cloverfield (John Goodman) et le successeur de Jack Bauer dans 24 : Legacy (Corey Hawkins) proposent une récréation festive : aller foutre des bombes dans une île étrange, histoire de titiller la faune et la flore de cet endroit paradisiaque. 

Pour ça, ils vont partir avec tout un bataillon de soldats surentraînés, ainsi qu’un traqueur anglais (et frère d’un Dieu asgardien), une photographe insipide (et future super-dame Marvel), un colonel fou furieux (et chef des Avengers), ou encore un soldat relou avec sa lettre pour Billy (et docteur qui aurait pu être un 5ème Fantastiques). Bref, une grosse équipe que n’aurait pas renié Kevin Feige.

Seulement, en arrivant sur les lieux, une surprise de taille les attendent : un singe géant et brutal, gonflé aux amphétamines, n’appréciant guère leur façon de dire bonjour. Ce singe, tout le monde le connaît depuis 1933. C’est King Kong, une créature doté d’une férocité extrême pour peu qu’on le chatouille de trop, capable d’un carnage tel que dans ces moments-là, faire un puzzle sur une autoroute est limite moins dangereux. Mais surtout, King Kong est aussi un être pourvu d’humanité, de douceur, et même de candeur attendrissante, dès qu’il s’agit de s’acoquiner avec de belles pépés – blondes de préférence.

Alors la bande à Basile qui se la joue Apocalypse Now sur le retour sauront-ils toucher la corde sensible de cette boule de poils ? Que dalle ! Car en fait, cette nouvelle version impose un nouveau Roi, et dans cette nouvelle histoire d’exploration qui tourne au massacre, le lyrisme n’a plus sa place. Kong : Skull Island tord la mythologie si particulière du monstre pour en faire une machine destructrice, presque sans émotion, qui en plus mesure plus de 30 mètres de haut.

A part une esthétique puissante dans la photographie et la réalisation inspirée de Jordan Vogt-Roberts, rien n’est beau dans ce film. King Kong n’a aucune scène poétique, aucun moment qui pourrait révéler une quelconque tendresse ancré en lui. Et même si dans sa scène finale, le réalisateur essaye d’y mettre de l’émotion, c’est complètement loupé et foutrement ridicule. La faute à quoi ?

En grosse partie à ses personnages, certainement, aussi creux que caricaturaux. Tom Hiddleston, toujours aussi charismatique, n’est d’absolument aucune utilité à l’histoire, et ne fait que traîner sa belle gueule aux quatre coins de l’île sans qu’une seule vraie motivation ne soit dessiné. Brie Larson n’a aucune substance, John Goodman est sous-exploité, Jing Tian (excellente dans La Grande Muraille) est invisible, les soldats ne sont que de la chaire à pâté pour Kong… seuls Samuel L. Jackson et John C. Reilly sont un tant soit peu intéressant, pour leur obstination respective. En gros, comme pour Rogue One, il peut arriver n’importe quoi à n’importe qui, ce sera sans intérêt. 

S’ajoute à ça un rythme très bancal, qui pendant une longue partie ennui considérablement. Dans le Godzilla de Gareth Edwards, le rythme était certes lent, mais la tension montait perpétuellement tout au long du métrage, pour que tout explose littéralement à la fin. Ici, on voit Kong bien plus souvent, des monstres viennent parfois combler les moments creux, et malgré ça, le film ne raconte tellement rien que ça en devient lassant.

Heureusement, comme dit plus haut, la beauté plastique du film rattrape pas mal de choses. L’attaque du début, confuse exprès pour se mettre à la place des soldats ratatinés par une force incroyable, regorge de plans faramineux et d’un enchaînement à l’impact redoutable. Mieux, quand arrive le dernier acte, Kong : Skull Island est un pur régal. Deux séquences de bravoure vraiment grandioses viennent prouver une fois de plus que Jordan Vogt-Roberts est très à l’aise dans l’action, en se lâchant même par moments pour un spectacle fascinant (un masque à gaz et un sabre contre des bêtes volantes : du gros n’importe quoi assumé qui fait plaisir).

Pour finir, le lien qui unit Kong : Skull Island et Godzilla est franchement poussif, et dans l’idée, on espère que les scénaristes auront quelque chose avec plus de fond à raconter, car le Godzilla vs King Kong peut vite devenir un pétard mouillé. On croise les doigts.


POUR LES FLEMMARDS : La beauté plastique foudroyante et son dernier acte épique n’empêche pas Kong : Skull Island d’être totalement vide, désincarné et dénué d’émotions.

NOTE : 3/5



Bande-annonce de Kong : Skull Island :

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2 réponses »

  1. Je l’ai vu la semaine dernière et je ne peux qu’être d’accord avec l’ensemble de ce billet. « Désincarné » est le mot adéquat. Bon, on essaie quand même de nous faire sortir les mouchoirs avec l’histoire de Papa et Maman Kong qui se sont faits fumer (par quoi d’ailleurs ? Parce que le gros master méchant fait dodo et Kong arrive sans peine à latter les bébés/jeunes dinosaures sans pattes arrières)(on dirait que leur design a pas été fini, sérieusement, c’est une blague)(donc je le répète : qui a tué Papa et Maman Kong ?).

    Une grosse blague. De l’action, oké. Mais à un moment, faut arrêter de croire qu’avoir engagé Samuel et John suffit à cacher le fait qu’on brasse du vent pendant deux heures.

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    • Faudrait que je revois (pour la énième fois) Godzilla pour voir à quelle date ils ont tenté de lui exploser sa tronche (me semble que c’était dans les années 70). Il était peut-être réveillé au moment où les parents de King Kongounet se sont fait passé à tabac…

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