CRITIQUE

[CRITIQUE SÉRIE] THE FALL, SAISON 1

the-fall-saison-1FICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 12 mai 2013
  • Titre original : –
  • Créateurs : Allan Cubitt
  • Acteurs : Gillian Anderson, Jamie Dornan, Colin Morgan…
  • Compositeur : David Holmes
  • Genre : Thriller-darko-sombrissime
  • Pays : Royaume-uni
  • Durée : 55 minutes/épisode
  • Statut : 3 saisons (terminée)


Belfast, printemps 2012. La police d’Irlande du Nord (PSNI) enquête sur une série de meurtres de jeunes femmes brunes, trentenaires et carriéristes. Malheureusement, ça patauge dans la semoule. Alors pour les aider, la flicaille Irish appelle à la rescousse l’agent Dana Scully Stella Gibson, et son objectif devient vite très clair : arrêter le tueur en série Paul Spector. Voilà pour le pitch.

Avec The Fall, le récit nous balade d’un côté avec l’équipe de Stella, et de l’autre avec ce tueur, dont nous connaissons instantanément l’identité. Sans grand intérêt ? Loin de là, car malgré ça, la série parvient aisément à nous tenir en haleine, se demandant sans cesse si Paul va finir par être arrêté, s’il recommencera à tuer, ou surtout comment se passera la rencontre (si rencontre il y a) de ces deux personnages ? En somme, qui du bien ou du Mal triomphera ?

Vous pourriez pensez « encore une série de flics » ou « A bas Navarro et autres experts », mais on est bien loin de ça. La série repose essentiellement sur deux gros points forts. Le premier étant ce sentiment de mal être qu’elle instaure… Peut-être parce qu’elle est angoissante, peut-être car elle est parfois malsaine, mais c’est finalement surtout parce qu’elle réveille un fond de voyeurisme en chacun de nous. On veut tout voir, même si c’est gênant. Même si c’est immoral. Même si ça existe. Le second, c’est pour l’indéniable jeu des acteurs qui ne lassent pas, principalement grâce à leurs tourments omniprésents.

Stella Gibson (Gillian Anderson) est une enquêtrice névrosée, froide, rigide, mais totalement accro au sexe – ce qui la rend vraiment insaisissable, à la limite de la bipolarité. Bien loin de son rôle timide de Scully, l’actrice apparaît forte et sûre d’elle, et on se passe bien volontiers de son aliéné de Mulder puisqu’elle envoie suffisamment du steak en « rosbeef ».

Son face-à-face avec le serial killer Paul Spector (Jamie Dornan) la renvoie sans cesse à ses propres failles, à ses propres convictions, mais ce sont surtout les victimes qui la tourmente, faisant rejaillir ses plus profondes angoisses, notamment sur le fait qu’une femme forte et libérée aux actes éclatants ne renverra jamais la même image qu’un homme aux mêmes agissements, et donc qu’elle n’est au final qu’un objet. On comprend donc au fil de la saison que Stella la despotique angoissée livre un combat pour, certes, retrouver le tueur, mais aussi et surtout pour vaincre ses propres peurs, ses propres démons. Une lutte délicate face au sombre bonhomme qu’est Spector.

Alors oui, vous allez dire « normal nan ? Il tue des femmes ! ». Cependant, la force de The Fall réside dans ces instants où l’on a presque de l’empathie pour lui. C’est un beau gosse (ça aide à s’attacher, ok), mais il est très « Mr tout le monde » : il est trentenaire, marié, père de deux enfants qu’il adore énormément, a un job de psy spécialiste en deuil (ironie…), et roule en Peugeot un peu abîmée. Ça le rend donc très humain. Juste que, bon, il a une vie normale, mais son insensibilité chronique et ses pulsions anormales le rendent forcément inquiétant.

Ce qu’on a aimé dans cette première saison de 5 épisodes, c’est qu’elle s’intéresse d’égal à égal au sadique et à la chasseuse de sadique, et que cette confrontation à distance, presque dénué de suspens mais forte en émotions, mettent en valeur le parallèle intime de ces deux personnages principaux : tous deux sont distants mais charmeurs, intelligents mais blessés, en colère mais isolés.

Au-delà de ça, The Fall est froid à souhait, il pleut souvent, les rues sont sombres et grouillent de malfrats, en bref c’est un vrai thriller où transpire l’ambiance pesante d’un lointain Jack l’éventreur et que seuls les britanniques savent retranscrire. Dommage que cette première saison, parfois un peu trop lente, s’achève sur de l’inachevé – même si on s’en doutait !


Logo Note LCDFPOUR LES FLEMMARDS : Un vrai polar « so british » qui sent bon le whisky, avec une Gillian Anderson et un Jamie Dornan qui excellent dans cet univers glauque. D’ailleurs « The Fall » aurait dû s’appeler « The Climb » tant son intensité nous a happé !

NOTE : 4/5



Bande-annonce The Fall, saison 1 :

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