CRITIQUE

[CRITIQUE] ROGUE ONE – A STAR WARS STORY

rogue-one-aff-frFICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 14 décembre 2016
  • Titre original
  • Réalisateur : Gareth Edwards
  • Scénariste : Chris Weitz, Tony Gilroy, Gary Whitta et John Knoll
  • Acteurs : Felicity Jones, Diego Luna, Donnie Yen…
  • Compositeur : Michael Giacchino
  • Genre : Grogue One
  • Pays : Amérique
  • Durée : 2h15


Dès le début, en 1977 dans Un nouvel espoir, on savait que des rebelles avaient volé les plans d’une arme destructrice, appartenant à un mec atteint du cancer de la gorge et super énervé (c’est comme énervé, mais avec une cape noire), et qu’ils finiraient dans les mains d’une princesse-macaron pour aventure réjouissante aux confins de l’univers, rempli de personnages haut-en-couleur, d’enjeux dramatiques et de spiritualité fascinante.

Aujourd’hui, grâce à Rogue One, vous saurez comment ces plans de l’Etoile Noire ont fini dans les mains de Princesse Leïa, et sans surprise vous pourrez ensuite affirmer « ah, mais c’est pour ça qu’on s’en battait les couilles en fait ! ». Parce que oui, le film parle bien d’un petit groupe de rebelle inconnu au bataillon qui serait la définition même du mot « insignifiant ». Et ça fout la rage quand on sait que le matériau de base avait tout pour faire un chef d’oeuvre !

Car il y avait moyen de s’amuser avec ça, de créer une réelle tension non pas sur « vont-ils y arriver ? » (l’issue est connu depuis des lustres !), mais « qui sont ces héros ? ». Qu’est-ce qui motive ces gens ? D’où viennent-ils ? Qu’ont-ils à raconter ? Tous ces éléments, le scénario (aussi bavard qu’assommant) de Rogue One s’en contrefout royalement, et lancent ces héros sans saveur dans une bataille tout aussi superficielle.

C’est là l’énorme point faible : les héros. Si Jyn Erso (Felicity Jones) a droit à un peu plus de reconnaissance en ayant un flashback « bouh la vie est moche avec moi » cliché et un lien avec Mads Mikkelsen, l’ingénieur qui a conçut l’Etoile Noire (et qui du coup ruine notre blague sur Star Wars VII : Le réveil de la Force, c’est sympa !), elle n’en reste pas moins la mollasse du groupe, qu’on trimbale d’un endroit à un autre sans qu’elle n’y voit trop d’inconvénients et qu’on propulse chef de la résistance comme George Lucas refourgue tranquillement Star Wars à des actionnaires.

A côté d’elle, si Forest Whitaker détient la palme de la prestation la plus horrible du film (rappelant on ne sait pour quelle raison celle de Laurence Fishburne dans Predators), que le robot K2SO (le plein de cadeaux) tente de faire la rigolade pour la tribu, et que Diego Luna et Riz Ahmed n’ont aucune substance, le personnage le plus rageant de tous serait certainement celui de Donnie Yen. Charismatique à souhait, ce guerrier aveugle au taquet avec la Force sans en posséder son pouvoir (un Cracmol version Jedi quoi) aurait pu avoir l’histoire la plus intéressante et épique du film avec son compagnon d’arme ! Au lieu de ça, son potentiel est gâché par une absence totale d’une motivation claire, et se ridiculise tout seul à beugler à qui veut l’entendre « je fais corps avec la Force, la Force est avec moi ! ».

Résultat : en plus d’avoir une aventure terriblement insipide où l’émotion est inexistante (aidé par un score de Michael Giacchino aussi bien faiblard que criard), l’ensemble manque parfois de cohésion. Ça part dans tous les sens vainement – surtout dans sa première heure laborieuse -, ça perd du temps à rabâcher ce qui a été dit il y a deux scènes auparavant, le montage saute parfois du coq à l’âne, et même sa bataille finale -impressionnante – tourne un peu en rond.

Pourtant, Rogue One n’est pas tout noir. Il a la bonne (excellente ?) idée de changer radicalement de ton. L’absence du mysticisme Jedi rend le film plus terre à terre, et les humains ne peuvent combattre qu’avec leurs petits moyens, leurs maigres foi, leur sens du sacrifice. Les héros ne sont que du bétail, une petitesse face au géant de l’Empire, et encore plus face au surpuissant et tyrannique Dark Vador, qui démontre sa domination toute-puissante dans une scène mémorable, mais un brin poussive (comme beaucoup de références faites à la saga d’ailleurs, posée là plus pour le fan qui trépigne en souriant bêtement que pour une vraie utilité scénaristique).

Aussi, le spectacle est assez impressionnant pour tenir en haleine, certains plans de destructions massives ou combats spatiaux étant vraiment époustouflants. Gareth Edwards parvient à transcender le gigantisme comme il avait su si bien le faire dans Godzilla, et arrive aisément à nous engouffrer dans ses affrontements de guerre purs avec sa caméra à l’épaule savamment dosé. Ça change le style académique d’un Star Wars, et ça fait du bien.

Bon par contre, ce qui ne fait pas du bien du tout, c’est d’avoir recréé le visage de Moff Tarkin en CGI (joué autrefois par le défunt Peter Crushing). Au bout de trois secondes, le procédé déroute tellement qu’on ne fait que regarder la prouesse technique de cette « résurrection » et nous sort complètement des scènes. Et ce n’est pas le plan final immonde qui viendra nous contredire…


Logo Note LCDFPOUR LES FLEMMARDS : L’intention est louable, le spectacle relativement impressionnant, mais l’absence d’émotion, de cohésion ou d’empathie ruine presque tout… 

NOTE : 3/5



Bande-annonce de Rogue One – a Star Wars story :

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2 réponses »

  1. Je ne vous connais pas Cyril Roy et je passe par hasard sur votre analyse.
    Je pense absolument tout le contraire de vous du film Rogue-One!
    A tel point que je trouve gratuites vos critiques négatives et vous suspecte de mauvaise intention. Pour exister?
    A vous de voir.

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    • Bonjour Laurent. J’en déduis donc que ne pas être d’accord avec vos goûts est suspect… De base, je glousse dans mon coin. Mais alors prétendre d’avoir besoin de ça pour exister, c’est puissant ! A défaut d’être pertinent, vous m’aurez au moins fait marrer…

      J'aime

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