CRITIQUE

[CRITIQUE] DOCTOR STRANGE

doctor-strange-aff-frFICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 26 octobre 2016
  • Titre original : –
  • Réalisateur : Scott Derrickson
  • Scénaristes : Thomas Dean Donnelly, Joshua Oppenheimer et Jon Spaihts, d’après les personnages créés par Steve Ditko et Stan Lee
  • Acteurs : Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor, Rachel McAdams…
  • Compositeur : Michael Giacchino
  • Genre : Neo Potter Strange
  • Pays : Amérique
  • Durée : 1h55


Steven Strange, c’est le Tony Stark de la médecine. Egocentrique à mort, péter de thunes à ne plus savoir qu’en foutre, très talentueux dans son domaine, ce chirurgien désinvolte se la pète méchamment, et le pire, c’est que son charisme magnétique lui permet de se la péter. D’ailleurs, dès sa première scène, il rembarre un éminent collègue en mode « booya Sherlock, moi je vois ce que personne d’autre ne peut voir », en plus de mettre en valeur sa dextérité autant que sa culture musicale (un détail anodin direz-vous ? Ben… oui en fait). Bon, d’accord, le raccourci à Sherlock est facile (Benedict Cumberbatch oblige), d’autant que l’acteur est une fois encore au diapason avec ce rôle.

Bref, bien sûr, le petit Steevy va vite retomber de son piédestal quand il va tenter de voir si sa voiture sait voler (nouveau gadget à la mode paraît-il). Epic Fail, le docteur va se retrouver à avoir la tremblote des mains (du moins, quand ça arrange les plans du film), ce qui l’exclut de l’ordre médical. Et ça, pour Monsieur Docteur, il n’en est pas question (n’importe qui irait remplir un dossier MDPH pour se tirer la nouille, mais pas lui ! Lui il kiffe son taf !). Terriblement enragé, il se rend au Népal pour trouver… heu, quelque chose… dont il n’a pas idée.

Car Steve Chelou (en bon français) n’a pas l’élément capital lui permettant de comprendre ce qu’il se passe. Il ne sait pas qu’il vit en fait dans une DLC d’Inception à la sauce kung-fu magique. Il ne connaît pas le pouvoir du mysticisme où des villes entières peuvent littéralement se plier en douze, où un univers parallèle est en danger, et où une bibliothèque pour moldus désirant d’en savoir plus sur la magie existe (ndlr : une bibliotek, cé un endroi ou y’a plin de boukin, gros).

Heureusement, son éveil brutal se fera grâce à l’Ancien, un vieil homme asiatique pervers féru d’art martiaux qui vo… ah non, c’est vrai, il n’a d’ancien que le nom, car il s’agit en fait d’un genre de Morpheus, mais blanc, maigre limite cancéreux, et surtout… en femme. Une Ancienne en somme (et, juste comme ça en aparté, une excellente Tilda Swinton). Un mentor qui va lui apprendre la magie sans qu’il se rende chez Ollivander acheter une baguette (dans tes yeux Harry !)

En somme, le 14ème film du MCU possède tout un univers intéressant, qui comme Les Gardiens de la Galaxie offre quelque chose de neuf, de salvateur, dans ce monde Marvel saturé par une imagination et une créativité de moins en moins exaltantes. De plus, le réalisateur Scott Derrickson (Sinister) propose un spectacle démesuré, ébouriffant, qui pompe certes du côté d’Inception, de Harry Potter ou encore de Matrix, mais qui parvient malgré tout à s’approprier toutes ces références pour en faire un melting-pot déjanté et intéressant.

La limite de Doctor Strange réside en fin de compte dans son récit, qui implique une fois de plus une origin-story au schéma trop classique. Balisé par des passages obligés pénibles et relativement gâché par des enjeux déjà vu cent fois, ça peut réellement fatiguer pour celui ou celle qui n’accroche pas à la forme concoctée par Derrickson. Mais il suffit de repenser à l’insipide Ant-Man pour s’apercevoir que finalement, Doctor Strange s’en sort haut la main.

Car le film a l’audace d’apporter du frais dans une formule épuisée jusqu’à la moelle. La relation du héros avec la zolie madame trop in love qu’est Rachel McAdams est traitée de façon humoristique par du « je t’aime, moi aussi je m’aime » et réussit à ne pas être lourdingue. Mieux encore, le final s’acharne à être à contrepied du blockbuster actuel dans une scène où destruction massive et boucle temporel brillent par leur inventivité (tout en restant très spectaculaire).

Le rythme dynamique, soutenu par de l’action au bon moment et surtout par de l’humour qui fonctionne quasiment à chaque fois, fait qu’on ne s’ennuie jamais, et parfois même on tique sur des coupures qui empêchent le film de s’étaler plus encore dans cet univers magique et intrigant, accentuant la sensation de louper peut-être un chouïa son potentiel.

On regrettera aussi hélas, une fois n’est pas coutume, la soundtrack, qui cette fois est massacrée par le montage car la ravissante partition de Michael Giacchino n’est jamais vraiment mise en valeur. Avoir un tel artiste dans ses rangs pour finir par amoindrir son talent, quelle idée saugrenue…

Pour finir, il est a noter que les deux scènes post-générique sont aussi bien réussies l’une que l’autre. La première, tout en humour, amène l’inévitable concernant les Avengers, la seconde pourra surprendre, si bien entendu on n’est pas du tout familier du comics (dans ce cas, elle amène également l’inévitable, et peut-être un peu trop grossièrement).


Logo Note LCDFPOUR LES FLEMMARDS : La classe de Benedict Cumberbatch déambule dans un univers référencé à outrance mais salvateur pour Marvel, au visuel bluffant, un peu handicapé par un scénario facile. 

NOTE : 3,5/5



Bande-Annonce de Doctor Strange :

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