CRITIQUE

[CRITIQUE SÉRIE] CALIFORNICATION

californication-poster-saison-2FICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 13 août 2007
  • Titre original : –
  • Créateur : Tom Kapinos
  • Acteurs : David Duchovny, Natascha McElhone, Madeleine Martin …
  • Compositeurs : Tyler Bates et Tree Adams
  • Genre : Erection intellectuelle
  • Pays : Amérique
  • Durée : 26 minutes/épisode
  • Statut : 7 saisons (série terminée)


Hank Moody (David Duchovny) écrivain New-yorkais exilé à Los Angeles, désabusé et sarcastique, tente tant bien que mal de vaincre son manque d’inspiration. Fraîchement séparé de Karen (Natascha McElhone) la mère de sa fille et en pleine crise de la quarantaine, il jongle habilement entre un alcoolisme latent, l’abus de diverses drogues et une vie sexuelle débridée.

Avant toute chose et pour comprendre l’effet incisif de la série, resituons l’époque : 5 ans après l’arrêt de la série X-Files qui a placé David Duchovny au rang de star du petit-écran, l’acteur revient avec un rôle aux antipodes de celui de Fox Mulder. Aussi, dès la première scène de la série nous découvrons un Duchovny métamorphosé, mal fagoté (adieu le costard cravate !) et mal rasé qui entre dans une église et se fait « ausculter » les parties génitales par une nonne sous les yeux de Jésus-Christ. En moins de 3 minutes, les jalons de la série sont posés : bye bye Mulder et bienvenu dans l’ère Moody. Ainsi, et c’est là le génie de cette scène, les scénaristes ont réussi à faire oublier au spectateur l’agent de F.B.I. qui collait à la peau de Duchovny depuis si longtemps.

Pour parfaire l’univers du personnage, plusieurs codes esthétiques le suivront tout au long des 7 saisons. Hank c’est : un jean, un t-shirt noir, une clope au bec et une Porsche Carrera sur le déclin. Pour écrire, il troquera volontiers n’importe quel ordinateur high-tech contre sa vieille machine à écrire et pour lui rien ne vaut un bon Lep-Zep en sirotant un whisky (au goulot de préférence). Incapable d’aligner deux phrases consécutives sans injure (dont le célèbre « Motherfuckaaa ! » en VO), il n’en reste pas moins un éternel romantique. D’ailleurs c’est bien pour ça que l’on peut s’attacher à lui. Les hommes voudront être Moody parce qu’il est cool et qu’il a montré qu’on peut être un queutard, sans être un connard. Les femmes l’aimeront parce qu’il attache une importance particulière à satisfaire la gent féminine (oui, il sait où est le clitoris mesdames !) et que même si c’est un queutard, il sait rendre chaque femme unique et spéciale à ses yeux.

Ce qui nous amène aux autres personnages qui, à eux seuls, sont les portraits de toutes les névroses que le commun des mortels combat au quotidien.

Tout d’abord il y a Karen ou « Baby Mama » comme Hank la surnomme pour la différencier de toutes les autres femmes qui gravitent autour de lui (au moins une par épisode). L’incarnation de la moralité, elle est avant tout une mère sans faille. Karen a un travail, elle ne boit que très rarement et recherche la stabilité. Calme et réfléchie, elle est l’opposée de Moody qui est pourtant sa seule faiblesse. C’est peut-être là toute la beauté du personnage.

Nous avons ensuite Becca Moody (Madeleine Martin). A 12 ans elle a déjà une vision du monde bien à elle. Gothique, sarcastique et blasée à l’image de son père, elle est également la voix de la raison et de la conscience, à l’image de sa mère. Grâce à ce personnage, le spectateur pardonne plus facilement les faux pas réguliers de Hank. Becca le rend tragiquement touchant car, avant tout, son but est d’être un meilleur père. Sans elle, il ne serait qu’un dépravé de plus et perdrait beaucoup de relief.

Pour finir il y a Marcy (Pamela Aldon) et Charlie Runckle (Evan Handler), le couple le plus dépravé de l’histoire de la télévision. Charlie, agent et meilleur ami de Hank, jongle habilement (ou pas) entre sa vie d’homme marié et celle d’acolyte. Masturbateur invétéré, il n’aura de cesse d’explorer sa sexualité tout à long de la série et ses aventures seront parfois beaucoup plus trash que celles de son ami. Il n’en reste pas moins l’ami le plus fidèle de Hank. Ces deux-là partagent une amitié dynamique et sans tabou qui les conduit souvent, pour ne pas dire toujours, dans des situations clownesques et improbables.

Marcy Runckle, quant à elle, fait office d’acolyte pour Karen bien qu’elles ne se ressemblent en rien. Elle gagne sa vie en épilant les gens et plus particulièrement les vagins. Elle a d’ailleurs beaucoup de choses à dire sur cette partie du corps. Avec une élocution de charretière et une classe d’actrice de charme à certains moments, Marcy a quand même les pieds sur Terre. Elle est l’incarnation de l’humour trash qui manquerait à la série si la gent féminine n’était représentée que par Karen.

Il y a malgré tout un autre personnage notable dans Californication. Un personnage qui, en réalité, n’en est pas un : Los Angeles. La série est un véritable hommage à la citée des anges. Basée globalement entre Venice Beach (lieu de résidence des Moody) et Santa Monica, le spectateur est entraîné dans un voyage californien à chaque épisode. Des mythiques studios, aux hauteurs d’Hollywood, les panoramas et le style de vie « à la cool » des surfeurs et autres fumeurs de weed donnent une sensation d’immersion totale. Une balade sous le soleil qui vous donnera peut-être envie de plier bagage pour voler en direction de la côte ouest américaine.

Pour résumer, Californication présente des personnages haut en couleurs, imparfaits et névrosés qui, malgré tout, ne recherchent que le bonheur. Hank en poursuivant l’idée de reconquérir sa famille et les Runckle en essayant de sauver leur mariage contre vents et marées. Ils sont ce que nous serions tous si nous osions un peu plus, sans nous préoccuper des « qu’en-dira-t-on » ou des codes de cette société lisse et castratrice dans laquelle nous vivons.

Il est vrai que la série pousse le vice à l’extrême, parfois même un peu trop. D’ailleurs, la dernière saison est décevante comparée à la magie de la saison 6, dont la conclusion aurait fait une fin tout à fait convenable. Cette gêne ressentie en visionnant la saison 7 vient peut-être du fait de l’introduction tardive de nouveaux personnages, quand on aurait préféré davantage d’interaction entre les personnages principaux.

Toujours est-il que l’idée principale de Californication reste la même tout au long du voyage. À l’image du morceau des Stones qui fait l’ouverture et la clôture de l’histoire : « You can’t always get what you want« . On ne peut pas toujours avoir ce que l’on veut mais si on essaye de s’en approcher, on se rend compte que l’on possède déjà tout ce dont on a besoin.


Logo Note LCDFPOUR LES FLEMMARDS : Si tu aimes la drogue, le sexe et le Rock’n Roll, tout en réfléchissant sur le sens de ta propre vie, Californication est faite pour toi.

NOTE : 4/5



La scène d’intro de Californication :

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