ANALYSE

[ANALYSE] L’AFFICHE DE HACKSAW RIDGE

Apocalypse Now, Il faut sauver le soldat RyanPlatoon, Full Metal Jacket, La ligne rouge, Inglorious Basterds… le film de guerre a inspiré bon nombre de réalisateurs au talent monumental, et beaucoup d’entre eux en ont laissé une marque indélébile dans l’Histoire du cinéma. Cette année, c’est Mel Gibson qui s’y colle, après 10 ans d’absence derrière une caméra. Sa puissance visuelle n’est plus à prouver, et son radicalisme peut faire des étincelles dans ce genre de films. Et la première affiche de son Hacksaw Ridge, qui sort le 09 novembre 2016, promet déjà une belle histoire de sacrifice !


LE DÉCOR

hacksaw_ridge_xlgComme d’habitude on commence par l’environnement dans lequel les sujets sont présents. Ce qu’on voit en premier, c’est la fumée. Mais pas une fumée de pétard hein ! Là on est sur une fumée de bonhomme, immense et dense. On pourrait presque la définir comme un ennemi. On peut voir à quel point la fumée est opaque, reflétant déjà une notion d’incertitude. On ne sait pas ce qui s’y trouve, et d’ailleurs, on ne sait pas ce qu’il y a. C’est l’inconnu. En mode danger : n’avancez pas plus loin ! Et bim, on te pose déjà l’ambiance et ce qu’on va potentiellement devoir affronter (enfin surtout ce que le pauvre gars va devoir affronter).

Pour en revenir à cette idée d’incertitude, les seules choses qu’on voit sont des débris au sol et d’autres en l’air. En gros, on casse la stabilité. Chaque élément présent dans cet environnement n’est pas en bon état, ils ont tous pris cher, et ça sera au tour du personnage s’il s’avance plus loin ! On peut parler du ton qui ici est plutôt terreux, ce qui peut être quelque chose de positif (voir Le Bon Gros Géant), mais comme c’est toujours une question de contexte, là c’est sale, c’est pas rassurant. On est pas là pour pique-niquer et garder nos vêtements bien blancs. 

Autre point à noter, c’est la lumière. Elle vient montrer, d’une part, la densité de la fumée, et d’autre part, le feu qui indique clairement le danger de mort. Le feu de cheminée, c’est à la maison ; ici la vie est en jeu. On déconne plus. D’autant plus que ce rayon lumineux tombe pile poil sur le personnage, le seul et unique personnage. Et donc pointe la solitude de cet être prêt à affronter l’inconnu.


LE PERSONNAGE

persoTout d’abord on le voit de dos. Là, ça rappelle cette idée du héros qu’on voit toujours le dos, celui qui avance toujours, qui ne craint rien et inspire les autres. Le personnage est en tenue militaire et il est casqué : on nous donne donc un peu de background sur le sujet. Le casque peut indiquer également qu’il ne fonce pas sans protection, mais au moins avec le minimum. Pourtant, il ne porte aucune arme… Ensuite, il est important de noter que cette tête brûlée est en mouvement. Il se dirige vers la gauche, vers le « passé », vers « l’arrière » : vers les blessés et les hommes qu’on ne peut pas abandonner.


LA STRUCTURE

structureÀ ce niveau, on voit distinctement une diagonale se construire grâce au rayon de lumière, aux traits d’ombre et à l’inclinaison que prend le personnage pendant sa course. Aspect intéressant car cela apporte un lien entre l’ennemi et le héros. Le rapport de force est bien sûr différent vu le rapport de taille entre les deux éléments. 

justificationDans cette idée de longueur, on peut noter la justification centrée (c’est-à-dire l’alignement) de tout les textes, avec chaque groupe de texte placé de sorte à ne pas déranger la lecture de l’image – tout en restant bien visible malgré tout. 

titrePetit élément important qu’on ne voit pas forcément tout de suite c’est cette petite croix rouge, qui vient indiquer un lien avec le médical : est-ce que ce soldat est un infirmier ? Ça rejoint l’idée qu’il va chercher les soldats à terre, les blessés. 

Ce n’est pas la première fois que certaines affiches usent de ces éléments, à croire que c’est une sorte de code : la fumée ou les nuages pour l’environnement, le ton sombre, avec des couleurs de terre pour une connotation sale, les personnages dont ne distingue pas complètement la totalité – souvent en silhouette… L’affiche de Il faut sauver le soldat Ryan étant, par exemple, celle qui se rapproche le plus de Hacksaw Ridge.

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LE POINT TYPO

typoUne linéale (les caractères sans empattement, « sans-serif » en anglais), mais surtout une DIN. La famille DIN est une famille de caractères créée pour le IIIe Reich, notamment le DIN 1451. Depuis, on trouve des tonnes de DIN. Mais attendez avant de huer ! C’est une typo dont l’utilisation a été récupérée notamment pour la signalétique (celle du centre Pompidou par exemple). Malgré son histoire, c’est une très belle typo. Elle a une graisse régulière, une hauteur de capitale très importante qui renvoie à la construction verticale de la mis en page avec la justification des textes. On a donc une typo cohérente avec le contexte en plus d’être graphique avec le reste des éléments visuels.



Logo Note LCDFPOUR LES FLEMMARDS : Si un film est une phrase, l’affiche est le premier mot. Ce qu’on veut dire par là, c’est que l’histoire commence avec l’affiche, et là c’est le cas ! On a une histoire, on a les sujets qui sont posés, le but, les obstacles, sans trop en dévoiler. Elle reprend les codes des affiches de film de guerre comme on a pu le voir plus haut, et ça marche.


Bande-annonce de Hacksaw Ridge :

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