CRITIQUE

[CRITIQUE JEU VIDÉO] UNCHARTED 4 : A THIEF’S END

Uncharted 4 AffFICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 10 mai 2016
  • Titre original : –
  • Développeur : Naughty Dog
  • Editeur : Sony Interactive Entertainement
  • Scénaristes : Bruce Straley et Neil Druckmann
  • Compositeur : Henry Jackman
  • Mode de jeu : Solo (Multi en ligne)
  • Genre : Blockbuster virtuel
  • Plate-forme : Playstation 4


Uncharted™ 4: A Thief’s End_20160522111804

J’ai entendu du bruit !

Nathan Drake est de retour. Pour la 5ème fois depuis sa création en 2007 (en comptant le prequel sorti sur PS Vita), mais surtout pour la première fois sur Playstation 4. L’équipe aux commandes de l’excellent The Last of Us revient ici pour s’appliquer à mettre un terme aux aventures de ce personnage génial, caractérisé par une soif de trésor aussi forte qu’un Indiana Jones, et d’un humour saupoudré d’une malchance digne d’un John McClane dans ses meilleurs jours. Un héros qu’on adore, et cette conclusion se devait donc d’être épique, intense et par dessus tout mémorable. Et même si beaucoup de ces critères sont respectés, voir carrément transcendés, il n’en reste pas moins que d’infimes détails ne permettent pas à Uncharted 4 : A Thief’s End de s’élever au rang du cultissime Uncharted 2 : Among thieves.

– C’est le Kilimandjaro ? – On est au Madagascar, abruti.

Pourtant, impossible de ne pas le qualifier de véritable pépite d’or tant il regorge d’innombrables qualités. A commencer par celle qui, on l’ignorait, est capable de contrôler notre glande salivaire… Car c’est la bave à la bouche qu’on découvre au lancement du jeu les premiers graphismes hallucinants, que ce soit en terme de décor, de lumière, d’animation ou pire, d’expression faciale (les scènes de dialogues sont criantes de vérité). Médusé par tant réussite, le joueur perdra souvent son temps à rester là, devant une montagne, des ruines, un paysage quelconque, juste pour en prendre plein la vue, ou tout simplement prendre plein… de photos.

Tape la pose. En noir et blanc. Trop beau gosse.

Parce que oui, il existe un Mode Photo qui n’arrange rien à la glandouille, puisqu’à n’importe quel moment du jeu – que ce soit en pleine cinématique ou même en pleine grosse séquence d’action – on peut tout mettre en pause et bouger la caméra dans tous les sens, zoomer/dézoomer à foison, mettre un filtre, poser un cadre, bref s’amuser à prendre le meilleur angle afin de posséder ni plus ni moins la photographie de l’année (toutes les images de l’article sont des photos de notre partie personnelle) ! 20 heures de jeu dont 6 heures à faire son apprenti photographe… Désolant dites-vous ? Quoi qu’il en soit, dire que c’est visuellement du jamais vu, ce serait cracher sur d’autres chefs d’oeuvre, mais Uncharted 4 est clairement l’un des jeux les plus magnifiques qu’il nous a été donné de voir. Non en fait c’est du jamais vu sur console…

Mon nom est Bond. Nathan Bond.

Seulement, la beauté plastique ne fait pas tout, et Naughty Dog le sait. C’est pourquoi le studio met un point d’honneur à travailler scrupuleusement son récit, et on sent avec un immense plaisir que cette suite n’est pas là juste pour faire bien dans sa Playstationthèque. Elle est là car elle a quelque chose à raconter, quelque chose de frais. Et si le schéma ressemble logiquement à tous les Uncharted sortis jusque-là, le scénario n’en reste pas moins très efficace. Alliant aussi bien scènes cocasses, séquences impressionnantes et retournements de situations bien sentis, Uncharted 4 est captivant de bout en bout, tout en prenant soin de parfaire ses personnages.

Pas génial l’ambiance dans ce bar…

A l’image des deux héros de The Last of Us, la relation qu’entretiennent Nathan Drake et Samuel Drake, son grand frère dont on ignorait l’existence, est au cœur du succès, permettant aux scénaristes de nous emmener dans une émotion assez rare, principalement grâce à des flash-back (surtout un) utiles et inspirés – quand bien même une révélation gâche un peu un élément primordial du premier opus. Les autres ne sont évidemment pas en reste, qu’il s’agisse de Sully ou des méchants de l’histoire, mais c’est surtout l’intimité déployée entre Nathan et Elena qui renforce la crédibilité de l’entreprise, et nous fait encore plus aimer l’aventurier au grand cœur, non dénué de doutes et de faiblesses, mais plus attachant que jamais.

Fait un peu chaud ici ou c’est moi ?

Bon, bien sûr, que serait Uncharted sans ses phases d’action, d’exploration et de grimpettes en tout genre ? Pas d’inquiétude, tout y est, et de façon exemplaire. Si on peut reprocher une IA un tant soit peu ridicule, le régal est intact quand il s’agit d’affronter des mercenaires dans des fusillades percutantes ou d’éliminer ses ennemis en s’infiltrant doucement dans la zone à risques. Et grâce à certains rajouts (le grappin, les glissades, les véhicules…), le jeu promet des moments d’intensités réellement scotchant.

J’ai dit « tournez à gauche » ! Incapables !

Bourré d’une énergie folle et d’un humour ravageur (préparez-vous à rejouer au premier gros succès de Naughty Dog sur Playstation : Crash Bandicoot !), le jeu enchaîne des poursuites ahurissantes (ce chapitre 11, quelle claque !) et des bastons digne du cinéma (le combat final) entre des moments d’exploration et de découvertes toujours parfaitement dosés (un chouïa longue parfois tout de même). Du fun à l’état pur, sans commune mesure, que la partition d’Henry Jackman propulse dans un genre de blockbuster explosif.

Hmm… la mort remonte à deux heures environ…

Il ne reste finalement pas grand chose à ce Uncharted 4 pour être parfait. Il a quasiment tout pour lui, à savoir le plaisir de s’éclater devant un jeu aussi magnifique qu’intéressant à suivre, avec du cœur, des délires et de la sensibilité, aidé qui plus est par un doublage on ne peut plus extra (Bruno Choël, le doubleur de Nathan, fait une fois de plus un travail remarquable). Que demander de plus ? Pour nous, deux choses. Et l’une d’elles, en tant qu’adorateur de la franchise, laisse cruellement sur sa faim… Pour ne pas vous prendre au dépourvu, sachez ces deux points concernent la fin. Donc pour rester vierge du moindre détail final, votre lecture s’arrête ici. Bonne journée, à plus.

Pour les autres, concrètement, tout bon Uncharted qui se respecte amène, à un moment ou un autre de l’histoire, une touche de fantastique, de surnaturel. Une tournure surprenante, dangereuse, excitante, devenue une marque de fabrique attendue. Et ici, plus la résolution approche, plus le fan espère voir des pirates fantômes, des esprits vengeurs ou tout autre idée saugrenue, amenant nos héros à affronter l’impossible…

♫Sur la plage abandonnée♫

Malheureusement, rien n’arrive jamais. Certes, la conclusion reste très épique, digne d’un film à grand spectacle, mais ça reste beaucoup trop terre à terre pour être conquis totalement. Cette frustration engendre un détachement sur la conclusion du récit, et ce n’est hélas pas l’épilogue qui rattrapera cette déception. Car le deuxième point noir d’Uncharted 4 : A Thief’s End, c’est qu’il fini sur une note totalement banale, joliment fade, alors qu’il y avait matière à rendre ça bien plus palpitant. Pour un épisode lambda, oui, les aventures de Nathan Drake aurait pu se terminer de cette façon. Pour finir une saga de près de 10 ans d’existence, il aurait fallu prendre un risque, ou bien l’amener d’une autre manière, peut être un peu moins nunuche, en intégrant des éléments plus croustillants. Malgré tout, ce dénouement ne manque pas de charme, et on ressent un petit pincement au cœur au moment où on réalise que l’on ne verra plus jamais ce personnage inoubliable, qui nous aura bien fait marrer pendant toutes ces années.



Logo Note LCDFPOUR LES FLEMMARDS : Outre une fin décevante à plus d’un titre, ce dernier volet frôle la perfection grâce à un spectacle visuel ahurissant, un récit captivant et des séquences de bravoure toujours aussi incroyable. La saga Uncharted va laisser un gros vide, c’est certain.

NOTE : 4/5



Bande-annonce Uncharted 4 : A Thief’s End :



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