CRITIQUE

[CRITIQUE] JURASSIC WORLD

Jurassic World Aff FR



John Hammond, un vieux sénile plein de fric (et donc qui s’ennuyait) avait un rêve ultime : ouvrir un parc où les visiteurs pouvaient se balader dans un environnement luxurieux, genre tranquillement, en présence de toutes sortes de dinosaures, qu’ils soient tout aussi inoffensifs que méga dangereux. Normal. Totalement allumé le type ! Du coup, sans surprise, tout est parti en cacahuète, et son Jurassic Park n’a jamais ouvert.

Des années plus tard, Simon Masrani, un indien tout aussi riche (et qui conduit des hélicos… parce qu’il s’ennuie), reprend ce projet de taré, en respectant scrupuleusement les dernières paroles du vieux. Et là, le parc ouvre enfin ses portes. Et en plus, il cartonne ! On peut y voir un T-Rex faire coucou, un spectacle sous-marin avec un énorme Mosasaure qui bouffe du Flipper le dauphin, ou encore des hologrammes de dinosaures qui font peur à d’autres dinosaures. On peut même se balader en pleine nature avec des véhicules blindés, en forme de sphère, pour profiter au maximum du spectacle des herbivores en train de bouffer… de l’herbe. Passionnant !

Cependant, les dirigeants estiment qu’il est temps d’aller plus loin. Les visiteurs vont à Jurassic World comme s’ils allaient au zoo, et l’effet « Whaou ! » n’est plus là. Alors pour y remédier, les scientifiques vont créer un nouveau dinosaure, l’Indominus-Rex, génétiquement modifié cette fois. Une créature pourvue d’intelligence, de supers-pouvoirs, et d’un charisme à la Chris Hemsworth. Ça va être énorme, les actionnaires vont se faire de la thune, et les gens reviendront encore et encore pour admirer cette création.

Ou pas… L’Indominus va foutre le bordel en deux deux, et la patronne du parc, armé d’une jupe de grand-mère et de talons aiguilles, va devoir gérer la crise au plus vite (Bryce Dallas Howard est l’actrice qui sort vraiment du lot, malgré le fait que son personnage soit traitée d’une façon ultra classique). Une crise qui arrive forcément bien avant la mise en place de l’attraction. Un peu comme pour… le Jurassic Park tiens !

Le film de Colin Trevorrow s’aligne sur cette trajectoire, et s’y lance à pleine vitesse : on refait Jurassic Park avec plus de moyens. Plus le film avance, plus les similitudes avec le premier volet de la saga deviennent fréquentes. Un remake ? Pas loin ! On reprend des personnages similaires (le héros respecte plus les dinos que sa tante Germaine), des idées identiques (deux gosses sont invités pile poil au moment de la catastrophe), et surtout des scènes sont remises au goût du jour, voir plagiées sans vergogne (l’attaque de la Gyrosphère rappelant terriblement celle du Tyrannosaure attaquant les deux jeeps, en 100 fois moins bien).

Mais voilà ! Ce qui pourrait passer pour un manque d’originalité exaspérant s’avère être au final le vibrant hommage d’un fan voulant faire plaisir aux autres fans ! Le réalisateur multiplie les clins d’œil comme Marvel pond des films, et joue à fond la carte de la nostalgie avec une réussite désarmante. Par exemple, au moment où l’on voit le parc pour la première fois, celui-là même qu’on attend de voir depuis 22 ans, on a un lâché du thème de Jurassic Park de John Williams plein les oreilles (repris ici par le grand Michael Giacchino) qui te fout une chair de poule d’enfer ! D’un film où on en attendait rien, on se retrouve à entrer dans une nouvelle aventure qu’on espère aussi prenante que la première, et moins naze que la troisième.

Pari risqué, mais plutôt bien relevé. Jurassic World est certes loin d’égaler son aîné, mais il est à des années lumières de l’immonde Jurassic Park 3. Cette fois, l’aventure s’élève à un autre niveau en proposant de nouvelles réflexions, de nouveaux concepts, tout en étant la parfaite suite du chef d’œuvre de Steven Spielberg. Ça parle d’un dinosaure qui réfléchit et piège ses proies, ça montre qu’avec des années de travail, des Raptor peuvent légèrement être domptés comme Rintintin, et de ce fait, ça donne des idées farfelues à des abrutis comme Vincent D’Onofrio (rôle inutile au passage) qui veulent utiliser ces bestioles pour les amener sur des champs de bataille.

Bien entendu, Chris Pratt – le héros international – et Omar Sy – son pote black de service, qu’on doit voir vingt bonnes minutes, youhou ! – sont farouchement opposés à ce projet, puisqu’ils ont une histoire intime avec les Raptor (une histoire de tournante, pas très bien compris…). « Ce n’est pas un dressage, c’est une confiance mutuelle qui s’est installée avec le temps », qui dit le nouveau Indiana Jones. Sauf qu’ici, on parle pas d’un chaton, ou d’un gentil toutou, on parle d’un putain de Raptor ! Celui qui existe juste pour te niaquer la gueule, rien de plus. Ça se dresse pas ! Mais les craintes se dissipent ensuite, car au moment où ces bêbêtes entre en action (un peu tardivement d’ailleurs), plus personne ne fait le malin, et on nous propose d’excellentes scènes d’action, de tensions et de retournements de situations (on préférera néanmoins la perfidie des Raptor de Jurassic Park). 

D’autres séquences vraiment bien foutues agrémentent le tout (comme ce final, tellement désolant qu’il en devient carrément épique !), et ce malgré des effets spéciaux pas toujours transcendants (vive les animatroniques !). La réalisation n’atteint pas les cimes comme celle de Spielberg en terme d’entertainement, mais elle réussit à être au-dessus de l’effet « Bof ! » que certains blockbusters d’aujourd’hui nous gratifient (Avengers : l’ère d’Ultron entre autres….).

Et par-dessus tout, outre son amour évident envers le premier film, Colin Trevorrow a conscience que son Jurassic World est inutile. Qu’il est de trop. Alors il s’amuse de ce fait avec beaucoup d’humour : il créé un personnage qui adore le premier parc, en lui faisant porter un t-shirt avec le logo dudit parc/film (Jake Johnson est le ressort comique réussi de ce quatrième opus) ou met en place des scènes sérieuses et n’évite aucun cliché pour mieux les démonter juste après (un peu comme dans Les Gardiens de la Galaxie). Le but du réalisateur est clair : ne rien faire dans la dentelle pour s’éclater. Et du coup, comme on ressent son amour pour Jurassic Park, et ben on s’éclate avec lui.


Logo Pour les FlemmardsPOUR LES FLEMMARDS : Jurassic World assume pleinement son côté remake du premier. C’est du pur fan-service poussif, certes, mais ça reste très divertissant et décontracte.

NOTE : 3,5/5



Bande-annonce Jurassic World :



FICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 10 juin 2015
  • Titre original : Jurassic World
  • Réalisateur : Colin Trevorrow
  • Scénariste : Colin Trevorrow, Derek Connolly, Rick Jaffa et Amanda Silver
  • Acteurs : Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Ty Simpkins…
  • Compositeur : Michael Giacchino
  • Genre : Tournante de dinosaures
  • Pays : Amérique
  • Durée : 2h04
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