CRITIQUE

[CRITIQUE SÉRIE] DAREDEVIL, SAISON 1

Daredevil aff

FICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 10 avril 2015
  • Titre original : –
  • Créateurs : Drew Goddard
  • Acteurs : Charlie Cox, Vincent D’Onofrio, Elden Henson…
  • Compositeur : John Paesano
  • Genre : Violence aveugle
  • Pays : Amérique
  • Durée : 50 minutes/épisode
  • Statut : 2 saisons (en cours)


Marvel a pris la décision de grandir. De s’adresser à autre chose que les bambins/adolescents. Bien que leurs films Captain America : le Soldat de l’Hiver ou Iron Man 3 soit appréciable par les adultes, on peut facilement parler d’œuvres tout public. Cette fois, Daredevil n’est pas à mettre entre toutes les mains. Le postulat reste pourtant le même – un personnage lambda se trouve affublé de pouvoirs après un drame -, mais le traitement est totalement différent : violent, parfois gore, ambiancé par certaines scènes malsaines, Daredevil ne fait pas dans la dentelle. Et c’est bien là que la série excelle.

Matt Murdock est un avocat qui commence son activité avec son ami Foggy Nelson, en ouvrant un cabinet à New York dans le quartier de Hell’s Kitchen. Suite à un accident dans son enfance où il a reçu des produits chimiques dans les yeux, Murdock est aveugle. Cependant, ses autres sens étant extraordinairement sur-développés, il est capable, d’une certaine manière, de « voir ». Et même bien plus que ça…

Son équilibre parfait lui permet de se battre comme un diable, il peut savoir si une personne est en train de mentir ou pas, ou encore ressentir certains événements avant qu’ils n’arrivent. Ce qui, au final, le rend bien plus fort que n’importe qui. Ce qui, au final, le pousse à rétablir la justice autrement que légalement. Et devient, la nuit tombée, un héros masqué prêt à protéger sa ville, coûte que coûte.

Seulement, aussi incroyable soit-il, Matt Murdock n’est pas invincible. Il reste un humain avec ses faiblesses, ses limites. D’où le fait de le voir morfler durant 13 épisodes, où après chaque combat il se retrouve en sang et exténué. Cet impact ajoute une crédibilité non négligeable, et il est appréciable de se retrouver devant des scènes d’action où les effets spécieux n’ont pas (trop) leur place pour donner lieu à de la fureur dans chaque baston. Malgré certaines d’entre-elles filmées franchement avec les pieds (celle du premier épisode est l’une des plus mauvaises), d’autres brillent pour leur chorégraphie et leur inventivité (la dernière du deuxième épisode, par exemple, fait partie des meilleures). Malheureusement, en règle générale, tout ça reste un peu brouillon…

Mais au-delà de l’action, c’est bien les personnages – principaux comme secondaires – qui sont mis en avant, chacun ayant un rôle capital au bon déroulement du récit. Et bien entendu, le héros est le point central de l’histoire, et sa personnalité est finement travaillé. D’ailleurs, le gros avantage de Matt Murdock, c’est qu’il ne se pose pas de questions existentielles sur sa mission. Oui il est un peu trop kamikaze, oui il est un danger pour son entourage, mais il continuera jusqu’à ce que sa ville soit comme il l’entend : des rues sûres, débarrassées de la racaille. Et l’aspect intéressant de cette série réside dans le fait que son objectif est tout simplement le même que son Némésis, son ennemi juré : Wilson Fisk. Lui aussi veut rendre cette ville plus belle. Lui aussi use de la violence pour parvenir à ses fins, estimant que la destruction est une épreuve inévitable à la création. Un but identique, deux moyens différents d’y parvenir, Murdock et Fisk entretiennent une relation complexe et simple à la fois, une ambiguïté qui fait de Daredevil une série puissante, sombre et adulte.

Quant au casting, on est presque sur du sans-faute. Charlie Cox nous sert un Matt Murdock convaincant – aussi bien sensible que badass -, le physique impressionnant et la prestation sans faille de Vincent D’Onofrio offre un Wilson Fisk terrible – même si on tique un peu sur l’écriture du personnage (ça manque clairement de moment inquiétant avec lui, et s’éternise trop sur la relation qu’il entretient avec sa love interest), ou encore le journaliste Ben Urich (Vondie Cutis-Hall), très attachant car écrit avec un juste équilibre (son blackground classique avec femme malade et carrière finie n’est pas plombé par des scènes larmoyantes, ça fait plaisir).

Mais étrangement, la Palme revient au personnage le moins abouti de tous, puisqu’on ne sait absolument rien de lui : Weasley, l’homme de main de Wilson Fisk. Interprété par Toby Leonard Moore, Weasley est classe, pragmatique, parvient à trouver toutes les solutions, et n’a finalement peur de rien. Il est l’un des méchants les plus marquants, et vole même parfois la vedette à son patron. La seule (grosse) déception qui le concerne est le sort que lui ont réservé les scénaristes. Tellement frustrant… 

D’ailleurs, en parlant de méchants, voilà un petit point noir de Daredevil : il n’y en a pas beaucoup. Et pour tout dire, il n’y a même aucun super-vilains. La série continue d’aligner des ennemis sur la route du héros aveugle, mais cela reste des ennemis « bas de gamme », qui viennent de mafia ou autre. Tout juste se bat-il contre un ninja surpuissant dans un combat sanglant et difficile, et c’est tout. 

Autre chose, il faut parfois s’accrocher car la série est très bavarde. Beaucoup de blabla pour parfois pas grand chose, et l’enquête, qui prend de l’ampleur par la suite, est étirée en longueur, sans réellement passionner. Ce qui donne lieu à des scènes franchement inintéressante, et qui ne font rien avancer du tout. Car parfois, le récit s’attarde sur des protagonistes qui n’ont tellement pas de relief (genre Foggy Nelson ou Claire Temple) qu’il n’est pas impossible de se taper un ou deux bâillements.

Le tout renforcé par un côté cheap plutôt déplaisant par moments. Daredevil n’a certainement pas le budget qu’il lui faudrait, mais de là à toujours utiliser le même décor, c’est osé. A chaque épisode, c’est entrepôts sur entrepôts, constamment éclairé par cette lumière jaune pisse pénible. Même l’appartement de Murdock semble utiliser ces murs où presque tous les combats se déroulent (et quand ce n’est pas là, c’est dans une ruelle qui semble elle aussi identique à chaque fois). C’est grisant, mais ça n’enlève en rien l’excellente ambiance que la série développe.

Quant au générique, c’est une merveille.


Logo Pour les FlemmardsPOUR LES FLEMMARDS : Avec Daredevil, Marvel délaisse les bambins pour s’intéresser aux adultes. Une réussite quasi totale, tant dans l’ambiance sombre et violente que sur certains de ses personnages, malgré un manque de moyens trop évident et une enquête principale peu passionnante.

NOTE : 3,5/5



Bande-annonce Daredevil :

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