CRITIQUE

[CRITIQUE SÉRIE] BETTER CALL SAUL, SAISON 1

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FICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 8 février 2015
  • Titre original : –
  • Créateurs : Vince Gilligan et Peter Gould
  • Acteurs : Bob Odenkirk, Jonathan Banks, Rhea Seehorn…
  • Compositeur : Dave Porter
  • Genre : Avocat en manque
  • Pays : Amérique
  • Durée : 50 minutes/épisode
  • Statut : 2 saisons (en cours)


L’idée de départ n’était pourtant pas brillante… Better Call Saul arrive après la dithyrambique série Breaking Bad, mais se situe chronologiquement avant les aventures de Walter White et Jesse Pinkman. Replonger dans l’univers féroce qu’a insufflé Vince Gilligan, pourquoi pas, mais par le biais de quel moteur ?

Better Call Saul Jimmy SadC’est là que les soupçons se sont greffés dans notre petite tête, puisque cette fois-ci, on y suivrait les pérégrinations de Jimmy McGill, l’avocat escroc et ressort comique de Breaking Bad, qui prendra le nom de Saul Goodman par la suite.

Sérieux ? Ça peut tenir la route quelque chose comme ça ? Entre un personnage certes passionnant mais qu’on a du mal à voir en tête d’affiche, un acteur, Bob Odenkirk, loin d’être excellent – même s’il n’est pas mauvais pour autant -, le tout se situant dans une époque qu’on a pas vraiment envie de découvrir, notre première pensée n’a pas été tendre : droit dans le mur, pari perdu. En plus de ça, rappelons que la saison n’était même pas encore diffusé que la chaîne AMC en avait commandé une seconde, avec plus d’épisodes. Une confiance aveugle…

Mais comme la curiosité est un vilain défaut, et que Netflix propose les épisodes en HD, pourquoi s’en priver ? Alors on se mate l’épisode 1. Mouais. C’est mou, ça a du mal à se mettre en place, on se demande où les scénaristes veulent nous emmenés, mais malgré tout, c’est pas si mal comparé à certaines séries. On est quand même sur une qualité technique assez puissante, et une écriture archi-maîtrisée. En fait, c’est rigolo de revenir dans cet univers étrange, aidé par une réalisation douce et percutante à la fois, sans pour autant que ce soit accrocheur. La mécanique est belle, le fond moins.

Mais bon, la mythologie d’Heisenberg ne s’étant pas faite en un épisode, donnons-lui sa chance. Et là arrive l’épisode 2. Intitulé Mijo et réalisé par Michelle McLaren (une habituée de Breaking Bad), il offre 50 minutes dantesques, tout en tension qui fait craquer ton slip, d’une noirceur délicieuse, servi par une prestation de l’acteur aux sommets.

better-call-saul concombreFinalement, Bob Odenkirk serait-il capable de porter la série sur ses épaules ? De toute façon, à partir de là, plus la peine de se forcer à regarder Better Call Saul : la drogue a fait son effet. Les créateurs ont lancé un pavé dans la mare, et on plonge sans réfléchir pour voir ce qu’il advient de ce pavé.

On suit avec grand plaisir les galères de cet avocat au talent fou mais ignoré par ses pairs, essayant de se faire une place dans ce monde impitoyable, cherchant ça et là les clients qui pourrait lui faire gagner beaucoup d’argent, tout en aidant son frère Chuck atteint d’un mal peu conventionnel.

En soi, la série n’a pas vraiment de fil conducteur. Les histoires se suivent mais parfois n’ont pas énormément d’impact avec la suite. Parfois. Better Call Saul est vraiment axé sur la montée en puissance du futur Saul Goodman, tout en drame et en humour savamment dosé, et laisse même une petite place pour un autre personnage tout aussi intéressant : Mike Ehrmantraut.

Toujours interprété par Jonathan Banks, Mike était l’homme à tout faire dans Breaking Bad, et le voir dans un tout autre rôle de gardien de parking fait sourire. Surtout quand on sait de quoi il est capable. Son personnage va évoluer également au fil du temps, mais reste assez en retrait par rapport à Jimmy.

Better Call Saul MikePar contre, gros point noir, tous les autres personnages ne sont que des faire-valoir sans consistance. Que ce soit son frère Chuck McGill (Michael McKean), son amie avocate Kim Wexler (Rhea Seehorn), ou encore son pire ennemi Howard Hamlin (Patrick Fabian), tous sans exception n’ont aucun relief, charcuté grossièrement pour mieux affiner la personnalité de Jimmy. On était habitué à mieux de la part de Vince Gilligan, qui a quand même créé des personnages secondaires mythiques comme Gus Fring, Hank Schrader ou bien… Saul Goodman !

La série à également tendance à proposer des épisodes vraiment dispensables, ou du moins des scènes sans grand intérêt. Parfois on espère que c’est pour amener un twist, un choc ou même une idée forte, mais ça reste trop gentil et plat, s’étirant inutilement pour malheureusement raconter du vide. Un des gros défauts, par ailleurs, de sa grande sœur. 

bettercaul breakingbadPetite précision, il n’est pas du tout utile de voir Breaking Bad avant. On peut très bien apprécier Better Call Saul comme une série n’ayant aucun lien avec quoi que ce soit : l’ambiance y est différente, plus légère, et mêmes si les références existent, elles sont assez subtiles pour ne pas perturber le spectateur.


Logo Pour les FlemmardsPOUR LES FLEMMARDS : Malgré un manque de piquant évident, Better Call Saul s’installe comme une très bonne série à part entière – en distillant très subtilement des clins d’œil à Breaking Bad -, porté fièrement par un Bob Odenkirk habité, et servi par une technique irréprochable. Mais va falloir passer la seconde pour ne pas lasser maintenant.

NOTE : 3,5/5



Bande-annonce Better Call Saul :

 

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