CRITIQUE

[CRITIQUE] EXPENDABLES 3

Expendables 3 affiche

     Quand Stallone annonce un plan (fracasser la porte et tirer sur les méchants) et que la nouvelle équipe de bambins lui en propose un autre (s’infiltrer discrètos dans l’immeuble et jouer avec du matos high-tech), on se dit qu’on a perdu l’âme d’Expendables. Ça fait mal. Très mal. C’était l’erreur à ne pas commettre. S’il y a pourtant bien une saga qui redore un peu le blason des films d’action d’antan, c’est bien Expendables.

     On est là pour voir de l’ancienne castagne qui fait mal, des héros et des méchants stéréotypés, des phrases chocs, de l’humour bourrin. Et même si ce ne sont pas des chefs-d’œuvre, c’est un plaisir gratuit de boucherie et de spectacle comme il y en a plus. Seulement, Expendables 3 n’arrive à faire ça qu’à moitié. Et même si on est plutôt friand de la franchise, difficile d’élever ce troisième opus au niveaux des deux premiers.

     Rajouter des guests à tout va n’est pas forcément un gage de qualité, et Expendables 3 accumule tellement de têtes d’affiche qu’on assiste à un trop plein aucunement maîtrisé. Le plaisir de voir Wesley Snipes dès le début est vite gâché car il est relégué au rang de figurant. L’apparition sympathique de Harrison Ford à la place de Bruce Willis est chouette, sauf qu’en l’occurrence, son personnage n’avait pas l’utilité d’être « autant présent ». Mais par dessus tout, quelle honte d’abandonner Jason Statham et consorts en plein milieu pour une équipe sans charisme et chiante à mourir. D’où on doit laisser la place aux jeunes ? On veut voir les anciennes légendes se foutrent sur la gueule, pas voir des puceaux prendre la relève !

     Dans tout ce casting over the top, à part peut-être deux ou trois personnages, aucun n’arrive à tirer son épingle du jeu. Ils viennent, disent leur réplique, s’amusent dans une scène d’action, et disparaissent. Juste Antonio Banderas qui marque un peu les esprits par son cabotinage à la Joe Pesci de L’arme fatale, et Mel Gibson pour sa prestance hors du commun. Et bien entendu Stallone, véritable star de cette saga qui s’effondre peu à peu dans un manque évident de renouvellement.

     Les autres, on les aperçoit. Mention spéciale à Jet Li, ce mec qu’on adore depuis des années, mais qui commence par nous sortir par les yeux : l’acteur débarque dans une scène et ne fait que tirer à la mitraillette. Aucune baston, même pas un coup de pied retourné. Le minimum syndical merde ! Il vient prendre son chèque, sans faire le moindre effort. Répugnant.

     Honnêtement, en enlevant la moitié du cast, les autres auraient gagné en profondeur (sans trop en demander, on est pas débile), et on serait peut-être aller droit au but plus vite. Car l’histoire de base est plutôt efficace : Stallone découvre que Gibson, l’homme qu’il croyait avoir tué, et avec qui il a fondé les Expendables, est devenu un terrible trafiquant d’armes. Un petit cours sur la création de cette équipe de mercenaires ou un historique sur ces deux guerriers, ça aurait été intéressant. Mais c’est survolé. Pour mieux s’occuper de la nouvelle génération.

     Rah, ces jeunes de merde ! Ils sont la cause de presque tous les points noirs d’Expendables 3. Le film possède un ventre mou assez long (incroyable pour un film d’action de cette ampleur !) tout ça parce qu’on doit prendre le temps de recruter ces abrutis, et de faire une mission avec eux. Terriblement chiant !

     Bon allez, arrêtons de cracher sur la soupe, car malgré tout, on a pas détesté non plus. Le film démarre sur les chapeaux de roue, et la première demi-heure est plutôt jouissive. On sent les coupes abusives pour qu’aucune giclure de sang ou gorge tranchée ne soit montrée (vivement la version non censurée parce que là, c’était très limite), mais ça n’enlève pas le rythme soutenu qui imprègne toutes les scènes, avec son lot de blagues qui marchent.

Puis patatra, le film s’enlise dans du lourd/lent/idiot/pas drôle, et ce pendant quasiment une heure. Et même si certains passages valent le coup, comme la prestation de Mel Gibson qui crache un monologue prenant, ou la sympathie d’Antonio Banderas, on attend que la guerre reprenne ses droits. Et quand la scène finale se pointe, bien longue, qui enchaîne plusieurs moments de bravoure sympatoches (malgré une frustration totale, toujours dû aux innombrables protagonistes), c’est hélas un peu tard car l’ennui était déjà parmi nous.

POUR LES FLEMMARDS : Le plus mou, insipide et à côté de la plaque de la saga, qui malgré tout se regarde encore avec un certain plaisir. Pour la dernière fois ?

NOTE : 3/5

Extrait avec Antonio Banderas :

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