CRITIQUE

[CRITIQUE] LUCY

LUCY-aff

     Luc Besson et ses femmes fortes, c’est de notoriété publique. Anne Parillaud dans Nikita, Milla Jovovich dans Le Cinquième Elèment et Jeanne d’Arc, ou encore, toute proportion gardée, Michelle Yeoh dans The Lady. Oui, Luc Besson aime rendre une femme invulnérable. Son choix de nommer Scarlett Johansson dans son nouveau film est à l’image de l’idée du récit développé dans Lucy : facile.

     Facile parce que Scarlett Johansson est, pour ainsi dire, la femme la plus sexy et badass de ces dernières années grâce à son rôle de La Veuve Noire pour Marvel. Au lieu de prendre un risque en choisissant une inconnue, ou moins connue, le frenchy récupère la plus bankable des actrices, et ainsi s’assure un quasi-succès. Pas con le mec. Surtout que son sujet, s’il est d’une simplicité enfantine, permet de partir loin dans des théories et des délires loufoques, et assurer un spectacle comme on les aime.

     Lucy, étudiante fêtarde un peu teubé (pourquoi ? on n’en sait rien, elle nous a donné cette impression), se retrouve dans une merde noire : un gang de mafieux coréen lui ouvre le bide et lui intègre une drogue, qu’elle doit faire passer d’un pays à un autre. Seulement, à l’arrivée, la poche se perce dans son ventre, et tout le produit se répand en elle. Résultat : elle va se découvrir des capacités exceptionnelles, car son cerveau va « s’ouvrir » pour l’utiliser jusqu’à 100%.

     Pour commencer, si bon nombre de personnes sont sceptiques avec ce point de départ, on vous déconseille fortement de regarder Spider-Man – un ado se fait piquer par une araignée radioactive – ou encore Tron – ils se téléportent dans un système informatique, truc de ouf ! – sous peine d’avoir des nausées. Ni même Transcendance – parce qu’il est nul – au risque de se taper une bonne sieste. Inutile donc de débattre sur des « mais c’est pas possible ! » ou « on y croit carrément pas ! » : on est ici dans le domaine de la science-fiction, qui plus est dans le divertissement pur.

     Ce qui, en soi, est la grosse qualité du film comme son plus gros défaut. Qualité car au moins, on ne se prend pas la tête une seconde. Il n’y a rien d’ambigüe, la fin est totalement compréhensible, et on ne perd pas de temps sur une amourette ridicule ou une crise d’identité à deux balles comme beaucoup de films font pour remplir un récit pauvre. Non, Lucy fait un peu plus d’une heure vingt, donc on entre dans le vif du sujet dès la première scène (qui manque certes de pêche) et se finit sans fioriture. On va à l’essentiel, et ce n’est pas plus mal.

     Mais l’essentiel c’est quoi ? L’action ? Et bien sachez quand même que le dernier film de Luc Besson est loin d’être un film aux séquences de bravoure incroyables. Ne vous y trompez pas : on dénote une « poursuite » de voiture plutôt bien filmé (la virtuosité de Besson fonctionne), et un gun-fight peu intéressant. C’est tout. Le reste, il est impossible d’appeler ça de l’action, vu que les supers-pouvoirs de Lucy sont impressionnants, et qu’il lui suffit de lever un bras pour que tout le monde s’écroule. Rien de jouissif à se mettre sous la dent, même si les effets spéciaux sont assez bluffant dans l’ensemble. Pourtant, le scénario arrive à nous tenir en haleine, et aucun temps mort n’est à déplorer. On veut vraiment savoir jusqu’où ils vont aller dans leurs idées (et pour répondre sans spoiler, ils vont loin. Très loin. Et ce n’est pas mal du tout).

     Par contre, là où ça coince, c’est qu’aucun personnage n’est traité de sorte qu’il soit attirant, intriguant, ou simplement intéressant. Morgan Freeman (qui devrait sérieusement trouver un autre agent et lui dénicher des projets à hauteur de son talent) ne sert quasiment à rien, le flic qui accompagne Scarlett JohanssonAmr Waked (Colt 45) – n’est qu’une ombre qu’on l’oublie dès qu’il disparaît de l’écran, et, le comble, même sur Lucy elle-même on ne sait strictement rien. Pire, son évolution est un peu étrange. Plus le film avance, plus le cerveau de l’héroïne augmente, et plus elle devient antipathique : elle ressent beaucoup mieux les choses autour d’elle, mais devient un robot dénué de sentiments. Va comprendre…

     Autre point négatif marquant, c’est le manque de quelques passages qui auraient pu faire de Lucy un divertissement plus profond. Sa dépendance à la drogue, on en parle, mais brièvement. Ça aurait donné lieu à des séquences plus dramatiques, plus tendues. Pareil, si elle n’avait pas dérivé en genre de Terminator du pauvre (elle ne ressent plus la douleur non plus), on aurait pu être plus séduit par ce personnage.

     Mais comme dit plus haut, Luc Besson va droit à l’essentiel, et ne voit peut-être pas l’utilité de tels détails. Alors si c’est pour mal faire, autant pas le faire. Et sur ce point, on lui donnera que raison.

     Un mot sur le charismatique Choi Min-Sik (Old Boy, New World) ? Ce n’est pas utile. Le grand méchant du film bouffe littéralement l’écran dès son apparition. Un grand acteur peut faire des films moyens, sa prestance est intouchable.

POUR LES FLEMMARDS : Un divertissement un peu trop lisse, là où le sujet prêtait à plus de profondeur. Ni bon ni mauvais, Lucy assume pleinement d’être un pur spectacle sans prétention.

NOTE : 2,5/5

Extrait :

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