CRITIQUE

[CRITIQUE] LE TERRITOIRE DES LOUPS

le territoire des loups

     Le Territoire des Loups est un survival brutal, qui raconte comment, après un crash d’avion, sept hommes tentent de survivre dans un environnement hostile : lutter contre Dame nature, et éviter la meute de Loups qui protègent leur territoire (titre français fascinant, finalement !).

     Techniquement, le film de Joe Carnahan (Narc, Mise à prix) est tout bonnement irréprochable. La photographie est à couper le souffle, servis par des paysages majestueux, et certaines séquences sont ultra prenantes. Carnahan s’est même légèrement calmé sur sa shaky-cam à vomir où l’on comprenait rien à ses scènes d’action (voir L’agence tous risques), et rend l’ensemble assez immersif, car d’une scène où la quiétude règne, toute l’horreur peut basculer en une seconde. Bien fait, bien pensé, Le Territoire des Loups s’adonne à des moments de bravoure magnifique, bien que très cruels, et surprend même quand, au-delà de la menace des fameux loups, la Nature et ses petits coups bas empoisonnent la survie de ces hommes oubliés de tous. Aussi, la fin très réussie prend des allures de tragédie (l’émotion dégagée fascine même) et n’oublie pas que, dans n’importe quelle situation, la vie est un combat.

     Si, pour toutes ces raisons, Le Territoire des Loups est bien fichue, le reste l’est beaucoup moins. Ces moments cités plus hauts se comptent sur les doigt d’une main, et ne durent finalement que quelques secondes. On sait pertinemment comment se déroulera la scène (donc la surprise n’est pas au rendez-vous), et c’est rageant car malgré ça, quelques instants fugaces arrivent à nous happer.

     Liam Neeson, au demeurant parfait dans le film, nous ressert un genre de Ras’al Ghul de Batman Begins, genre vient que je te donne des conseils parce que la vie, c’est comme ça que ça se passe, et que je te débite des phrases à la con qui se veulent fortes mais sont plus hilarantes qu’autre chose :

– « Ma fille me manque »

–  » C’est bien ça. Tu sais pourquoi ? Parce que c’est une raison pour laquelle tu peux te battre ! ».

     Profooond ! Merci Qui-Gon Jinn ! Les messages et les thèmes abordés sont finalement assez niais, vu et revu, et n’aide pas vraiment à s’identifier aux personnages. Le scénario essaye même, au détour de quelques passages clichés, de nous parler du passé des protagonistes via une anecdote sentimentaliste à six sous, qui a pour effet l’inverse escompter : qu’ils se taisent et qu’ils meurent !

     C’est franchement dommage, car la bestialité avec laquelle Joe Carnahan arrive à montrer la survie de ces hommes, et surtout le funeste destin qui les attend, est vraiment un travail d’orfèvre. Le Territoire des Loups aurait gagné en tension et en rythme si les flash-backs ou autres stéréotypes avaient disparus du récit. Autre point noir, ces Loups en images de synthèses pas vraiment convaincants (sauf peut-être sur certains gros plans), et qui font même plutôt tâche dans ce splendide mais sinistre décor.

POUR LES FLEMMARDS : La réussite totale de la technique et la retranscription parfaite de cette survie bestiale sont hélas gâchées par la banalité consternante du récit.

NOTE : 2,5/5

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