kick-ass affiche

     Trois ans après un premier volet exemplaire, alliant admirablement humour, propos intelligent et scènes d’action jouissives, Kick-Ass 2 s’installe comme un ersatz raté, sans aucune ambition ni aucun charisme. Mais le problème n’est pas dans le fun de l’entreprise, loin de là.

     Malgré quelques longueurs, on s’éclate pas mal devant le film, dont Matthew Vaughn (X-Men : le commencement) a laisser sa place à Jeff Wadlow (Never Back Down). On prend toujours plaisir à voir Dave Lizewski, alias Kick-Ass (Aaron Taylor-Johnson, Godzilla), se faire violemment dérouiller la tronche. On jubile encore un peu quand Hit-Girl (Chloé Grace Moretz, le prochain The Equalizer) tranche des membres à tout va. Et on se marre toujours autant devant le ridicule intersidéral de Red Mist (Christopher Mintz-Plasse, Nos pires voisins), devenu pour l’occasion le super-vilain de l’histoire, sous le nom improbable du Mother Fucker.

     On peut même essayer de défendre le film sur le fond, pointant du doigt la génération Tweeter et autre Youtube, exposant le constat effrayant des jeunes totalement perdus, loin des réalités qui les entourent. Non vraiment, on peut prendre son pied en matant Kick-Ass 2. Seulement, il manque une chose essentielle à tout ce foutraque presque insipide : un réalisateur talentueux.

     On assiste tour à tour à des scènes d’action d’une fadeur consternante (à part le moment de gloire de Mother Russia contre une armada de flic sur un remix de Tetris), à de la vulgarité exacerbée (plombant les trois quarts des punchlines de Hit-Girl), ou à du scato comme on en fait plus (ce bâton vomitif est clairement la pire idée du film).

     En plus d’aligner du mauvais goût, et donc de manquer cruellement de subtilité, Kick-Ass 2 possède un ventre mou soporifique (Hit-Girl qui doit raccrocher, le troisième pote qu’on ramène en héros) car il ne s’intéresse pas aux bons personnages, là où certains d’entre eux méritaient d’être largement approfondis. Le meilleur exemple est sans conteste le Colonel Stars & Stripes, interprété par l’indétrônable mais fatigué Jim Carrey. Sous-exploité à mort, il aurait permis de creuser un peu plus le monde dans lequel évolue Kick-Ass et consorts, et peut-être de proposer des scènes bien plus intéressantes que « Hit-Girl passe l’audition de pom-pom girl » (WTF ?). Dans un autre registre, le personnage de John Leguizamo (La défense Lincoln) se trouve être par moment touchant, sincère, et lui aussi aurait pu bénéficier d’un développement plus travaillé.

     Pour couronner le tout, la réalisation est moche, sans aucune saveur, aucune inventivité, et certains plans sont carrément très moches. Les incrustations du combat sur la camionnette (pour ne citer que ça) sont d’une laideur interdites ! Très bancal, Kick-Ass 2 ne vaut rien par rapport  à son aîné, mais si on est attaché un tant soit peu aux personnages, cette suite vaut surtout pour le plaisir de les retrouver.

POUR LES FLEMMARDS : Des personnages sous-exploités, des passages inintéressants et des vannes qui tombent à plat, mais l’ensemble est assez fun, décalé et violent pour qu’on puisse apprécier.

NOTE : 3/5

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