CRITIQUE

[CRITIQUE] LA TRILOGIE SPIDER-MAN

spider-man

Entre 2002 et 2007, Sam Raimi (Evil Dead, Jusqu’en enfer) nous livrait sa vision de l’homme araignée, super-héros ultra populaire de par le monde créé par Stan Lee et Steve Ditko en 1962. Une trilogie pour le moins explosive, ayant bien entendu ses qualités et ses défauts, mais qui gardera toujours une même ligne de conduite quel que soit le film : du spectacle et du fun à l’état pur, sans oublier un fond intelligent non négligeable. Car il faut bien avouer que, contrairement aux presque insipides The Amazing Spider-Man et The Amazing Spider-Man : le destin d’un Héros, la saga de Sam Raimi possède une âme incroyable, nous offrant des moments de bravoure ou d’intensité marquants.


SPIDER-MAN

spiderman 1

FICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 12 juin 2012
  • Titre original : –
  • Réalisateur : Sam Raimi
  • Scénariste : David Koepp
  • Acteurs : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Willem Dafoe…
  • Compositeur : Danny Elfman
  • Genre : Power Ranger vert
  • Pays : Amérique
  • Durée : 2h


Le premier volet s’intéresse à Peter Parker et son évolution en tant qu’homme et super-héros. L’avenir de ce jeune garçon timide et réservé, amoureux transi de la belle Mary-Jane Watson, sera bouleversé par la piqûre d’une araignée génétiquement modifiée, qui lui conféreront des pouvoirs incroyables et des sens accrus.

L’entrée en matière de cet épisode est plutôt rigolote à suivre, avec sa part belle aux blagues teenagers et ses répliques devenues cultes pour une génération entière (« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » en est l’exemple parfait). Tobey Maguire (Gatsby le Magnifique) s’approprie le rôle à la perfection, et son alchimie avec Kristen Dunst (Melancholia) est des plus réussis. Peter Parker est criant de vérité, représentant parfaitement l’homme coincé, malmené, indécis, qui se lâche totalement dans sa version homme araignée. C’est justement là qu’excelle cette adaptation.

Sam Raimi maltraite son personnage principal, aussi bien physiquement (son costume est déchiré après chaque combat, et se retrouve couvert de sang) que mentalement (la perte d’un être cher, la difficulté de choisir entre se servir de ses dons ou vivre une vie lambda avec la fille qu’il aime). Les enjeux sont matures, les décisions prises radicales : le passage de l’adolescence à l’âge adulte ne se fait pas dans le temps, mais dans la tragédie, la douleur. 

Côté action, le spectacle est au rendez-vous, servi par un visuel bluffant pour l’époque. Malgré des effets spéciaux datant un peu, ces derniers ont l’avantge de ne pas prendre le pas sur le moindre mouvement du super-héros : c’est Spider-Man qui tombe par terre, qui enchaîne les coups, et non pas une doublure numérique utilisé à tout bout de champ. Les affrontements contre son ennemi sont de toute maîtrise, gratifié par une mise en scène très inspiré.

Cet ennemi, dans un costume Power Rangers des plus ridicule, c’est le Bouffon Vert, interprété excessivement mais magistralement par Willem Dafoe (Les brasiers de la colère, Nymphomaniac). Un redoutable adversaire, qui en fera voir de toutes les couleurs à notre jeune héros. Au delà de ça, le réalisateur offre ce qu’il sait faire de mieux : un film de genre. Des scènes parfois tournées comme un film d’horreur, Sam Raimi met du cachet à son oeuvre, et nous gratifie de moments de bravoure spectaculaire, dans un film qui a la lourde tâche de poser des bases en essayant aussi bien de plaire aux fans que néophytes.

Mission réussi, Spider-Man est un incontournable encore maintenant, soit 12 ans après.


Logo Note LCDFPOUR LES FLEMMARDS : Sam Raimi maltraite son héros aussi bien mentalement que physiquement, pour mieux apprécier son évolution en tant qu’Homme et Héros. Un premier volet prodigieux.

NOTE : 4/5



SPIDER-MAN 2

spiderman 2

FICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 14 juillet 2004
  • Titre original : –
  • Réalisateur : Sam Raimi
  • Scénariste : David Koepp, Alfred Gough, Miles Millar, Michael Chabon et Alvin Sargent
  • Acteurs : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Alfred Molina…
  • Compositeur : Danny Elfman
  • Genre : Metro aérien hors-service
  • Pays : Amérique
  • Durée : 2h10


Sam Raimi réitère, et le second volet des aventures de Spider-Man se trouve être encore plus impressionnant, plus sombre, et bien plus réussi. En tous points. A commencer par des enjeux plus travaillés, sur les incertitudes de Peter Parker à assumer ses lourdes responsabilités, qui se trouve perdu entre sa vie démesurée de super-héros et ses échecs cuisants dans sa vie de jeune adulte (perte d’emploi, mauvais résultats scolaire, amour impossible…).

La bonne idée fut d’avoir caractérisé ces doutes par la perte momentanée des pouvoirs de Spider-Man : dans des moments vitaux, Parker n’arrive plus à déclencher ses toiles, et chute tragiquement au sol sans que personne ne puisse l’aider. Totalement perdu, Parker ne sait plus vers qui se tourner : son amitié avec Harry Osborn, ayant les traits de James Franco (La planète des singes : les origines) est tendu, sa relation avec Mary-Jane distante… L’émotion dégagé est d’une véracité exemplaire : jamais un super-héros nous aura semblé si humain. Déchiré entre héroïsme et romantisme, le personnage évolue de façon passionnante, admirable.

Puis tout est chamboulé avec l’arrivée du Docteur Octopuss, interprété divinement par Alfred Molina (L’apprenti sorcier), un homme bon et respecté, qui se verra dominer par sa propre création et ainsi devenir un terrible ennemi au moment où Peter Parker n’a jamais était aussi peu préparé. Et là encore Sami Raimi fait exploser son génie dans des affrontements d’une impressionnante créativité, en témoigne l’époustouflante scène du métro aérien, d’une virtuosité transcendante. Comme à son habitude, le réalisateur brutalise son héros, l’envoi dans des situations extrêmes, et n’aura aucune pitié pour ses personnages secondaires (même tante May en prend pour son grade, la pauvre femme avait assez souffert dans le premier volet).

Épique dans ses scènes d’action, Raimi arrive quand même à créer une harmonie parfaite avec son propre style, comme par exemple cette scène inspiré dans l’hôpital, où les tentacules de Doc Ock s’activent pour éliminer tous les médecins alentour. Brutal, violent dans les intentions, ce passage reste un petit bijou de mise en scène, particulièrement grâce au fait qu’elle soit tourné en dérision et hommage au film d’horreur.


Logo Note LCDFPOUR LES FLEMMARDS : Cet opus, dominé par une intensité émotionnelle et des enjeux plus matures, plus sombres, n’en oublie pas les puissants moments de bravoure, maîtrisées comme toujours par un Sam Raimi au top de sa virtuosité.

NOTE : 4/5



SPIDER-MAN 3

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FICHE TECHNIQUE

  • Sortie : 01 mai 2007
  • Titre original : –
  • Réalisateur : Sam Raimi
  • Scénariste : Alvin Sargent, Ivan Raimi et Sam Raimi
  • Acteurs : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco…
  • Compositeur : Danny Elfman
  • Genre : Symbiote de l’exagération
  • Pays : Amérique
  • Durée : 2h20


Dernier volet de la trilogie, Spider-Man 3 installe une surenchère dans tous les coins, du poussif à gogo, que ce soit dans les bastons, les enjeux ou même dans des scènes d’un cartoonesque exacerbé. Des méchants en pagailles, des sous-intrigues mal exploitées, des facilités scénaristiques : tout est casse-gueule.

Seulement voilà, Sam Raimi revient ici avec son talent qu’on lui connaît, et dans tout ce ram-dam éparpillé et confus, instaure des petites pépites qui nous font penser qu’on assiste quand même à un spectacle grandiose, sans la teneur émotionnelle des premiers opus.

Peter Parker est arrivé à trouver l’équilibre dans sa vie, que ce soit amoureuse ou héroïque, mais en plus de l’apparition d’un nouvel ennemi extrêmement puissant, qui n’est autre que l’Homme Sable joué par Thomas Haden Church (Killer Joe), il devra affronter son ancien ami Harry Osborn, devenu le Bouffon Vert à son tour, et surtout lui-même. Lui-même car une substance extraterrestre a pris possession de son costume, et fait ressortir tous ses côtés obscurs.

Entre le désir d’être soi, et la fascination d’être un autre, l’idée du changement de personnalité est bonne, car elle remet certaines choses en cause. Mais il se trouve qu’à l’écran, la scène de ce revirement radical est d’un ridicule total, mal joué, mal amené et trop appuyé pour qu’on puisse ressentir quoi que se soit. Les maladresses et facilités sont nombreuses, à l’image de la perte de mémoire d’un des personnages, de l’arrivée du symbiote, ou de la création du dernier méchant, Venom (Topher Grace, vu dans Predators), et on se demande où tout cela va nous mener.

Pourtant il nous arrive d’assister à des moments d’une extrême grâce, surtout un en fait, qui est la naissance de l’Homme Sable, images magnifiques et thème musical puissant à la clé. Capable du meilleur comme du pire, Sam Raimi assume les extrêmes, et bien lui en prend quand c’est pour nous fournir des affrontements bourrins à souhait. La confrontation musclée de Peter Parker contre le Bouffon Vert, ou Spider-Man contre l’Homme Sable sont des moments purement jouissifs.

C’est la principale qualité de Spider-Man 3 : rendre une copie aux scènes d’action démesurées, épiques, usant d’un peu plus d’effets visuels, mais parfaitement dompter par une créativité sans limite. Au-delà de ça, le héros est toujours aussi bien travaillé, le poussant dans ses derniers retranchements, ses pensées sombres, l’élevant ainsi dans la maturité, pour en faire un grand Peter Parker, plus qu’un grand Spider-Man


Logo Note LCDFPOUR LES FLEMMARDS : Malgré des méchants simplistes et des passages ridicules, le souffle épique des scènes d’action et la noirceur de cette conclusion l’emportent haut la main.

NOTE : 4/5



Spider-Man-splash

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