CRITIQUE

[CRITIQUE] SPRING BREAKERS

affiche-du-film-spring-breakers

     Avant de voir ce film, il faut être prévenu d’une chose : à l’issue du visionnage, vous allez rentrer dans l’une de ces deux catégories de personnes. Ceux qui adulent Spring Breakers, et ceux qui détestent Spring Breakers. Ceux qui ont compris le message, qui ont été touché par la grâce de cette quête d’identité d’une bande d’adolescentes ne trouvant pas leur place dans ce monde. Et puis il y a les autres. Ici, nous seront les autres.

     Ceux qui ont compris le message, mais s’en foutent royalement. Voir quatre écervelées braquer un Diner pour récupérer quelques pécules et ainsi faire la fête au Spring Break n’intéresse pas du tout. Si encore les personnages étaient travaillés, on pourrait s’attacher à l’un d’entre eux et suivre son évolution dans la décadence. Seulement, que ce soit dans le récit qui peine à raconter une réelle histoire, ou une réalisation clipesque, d’un esthétisme douteux, qui abuse des néons, rien est fait pour s’intégrer dans ce monde. Les vingt-mille plans sur des biatchs qui se trémoussent en bikini à la plage, vu et revu dans tous les clips de NRJ12, ne font même pas plaisir. C’est une overdose de tout ce qu’on voit déjà à la télévision. Alors ça accentue peut-être la génération portenawak dans laquelle on se trouve, et du coup le parti pris est plutôt bien choisi, mais on ne ressent rien, absolument rien, en voyant les images défiler devant nos yeux.

     Le film se veut également faussement trash. Harmony Korine, le réalisateur, essaye peut-être de nous évoquer plus le malaise que la violence frontal, mais le seul mot qui vient à l’esprit en voyant ce genre de scènes reste « mignon ». On fait la roue dans la rue (hardcore !!), on chante du Britney Spears (badass !!), on montre nos nichons (pas gentil !!), ça reste adorable. Une scène montre James Franco, braqué par les minettes, tailler une pipe aux canons de ses flingues. Franchement, pour le côté trash et troublant, mieux vaut se taper les vingt dernières minutes de Killer Joe !

     Et ce faux lyrisme à deux balles qu’on essaye de nous vendre tout le long du film (des plans où les personnages se regardent, se désirent, avec des dialogues d’une autre scène en fond) atteint son paroxysme au moment où James Franco (encore lui !) se met à jouer du Britney Spears (encore elle !!) au piano, sur un coucher de soleil, entouré des héroïnes cagoulées, fusil à pompe à la main. Juste une horreur.

     Mais bon, le sujet n’est pas là. Spring Breakers fait un constat sans équivoque de cette jeunesse superficielle, de cette génération YOLO, où pour exister, pour se sentir bien, il faut tenter des expériences extrêmes, et ainsi se rendre compte de nos limites. C’est là que tout foire : le réalisateur ne va jamais assez loin, comme s’il se mettait des barrières, qu’il n’assumait pas complètement. Le moment dans la piscine n’est pas sans rappeler Sex Crimes, mais dans ce dernier c’est bien plus chaud, plus torride, que la platitude scène dans Spring Breakers.

     Et je ne parlerais pas de cette fin immonde, pas crédible pour un sou, qui n’a aucune raison d’être avant même qu’elle ne commence.

POUR LES FLEMMARDS : Dans ce dégueulis d’images fluo insipides, saupoudré de plans de culs et de nichons à saturation, la quête d’identité de ces cons d’ados ne décolle jamais, prend une tournure faussement trash, pour finir dans une dernière scène proprement ridicule. 

NOTE : 1/5

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