CRITIQUE

[CRITIQUE] QU’EST-CE QU’ON A FAIT AU BON DIEU ?

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     Un juif, un chinois et un arabe sont dans une famille. Une bataille s’engage. Qui va le plus morfler ? C’est le black, bien entendu ! Avec Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? et son sujet plutôt prometteur, on s’imagine déjà des répliques cinglantes à tout bout de champ, mais c’est finalement une réussite en demi-teinte qu’on nous propose.

     Claude (Christian Clavier) et Marie (Chantal Lauby) Verneuil, issus de la grande bourgeoisie provinciale, sont des parents traditionnels et catholiques. Ils ont quatre fille. Et trois d’entre-elles sont déjà mariées : l’une à un juif, l’autre à un chinois, et la suivante à un arabe. Une blague de mauvais goût pour les parents, mais ils n’ont pas le choix. Ils essayent tant bien que mal à s’en accommoder, jusqu’à ce que leur petite dernière leur annonce qu’elle aussi, elle a trouvé son mari. Un bon catholique qui plus est ! Joie pour Claude et Marie, qui sera de courte durée : le catholique en question est d’origine ivoirienne.

     Concrètement, le film démarre sur les chapeaux de roues, et le rythme est très bien maintenu tout le long. L’heure quarante passe sans problème car on sourit ou on rit franchement selon les passages. L’humour est principalement basé sur tous les clichés qu’on peut avoir, mais d’une façon très intelligente. Il n’y a aucun malaise, aucune moquerie gratuite, bien au contraire : on nous montre que toutes ces réflexions sont tellement désuètes qu’elles font rire au plus haut point. L’interprétation sans faille de tous les acteurs nous aident grandement à appréhender chaque situation : ils en font peut-être un peu trop, pour justement accentuer le côté gros cliché ridicule.

     Mais là où ça coince, c’est au niveau de la direction prise par le scénario. Honnêtement, le film aurait pu largement se focaliser sur les trois gendres, et la relation qu’ils entretiennent avec le beau-père, puis entre eux. Après le repas familial qui dérape, l’histoire aurait pu nous offrir moult rebondissements et situations cocasses, pour finir sur la révélation de la petite dernière qui veut épouser le noir.

     A cause de l’orientation choisie, tout est frustrant. Ary Abittan est bien trop peu présent, tout comme Frédéric Chau, et on savoure leurs moindres mimiques ou répliques comme si c’était la dernière. Les gendres ne deviennent que des faire-valoir, alors qu’ils méritaient amplement un film rien que sur eux. D’autant plus que leurs épouses sont quasi invisibles, si ce n’est l’excellente Emilie Coen, fille très émotive qui pleure pour tout et n’importe quoi. Cela n’enlève en rien le talent de Noom Diawra, parfait en quatrième mousquetaire qui fait le maximum pour s’intégrer dans la famille, mais le réalisateur veut trop en faire, alors qu’il aurait pu se contenter d’approfondir ses personnages au lieu d’en rajouter encore et encore.

     Petite mention spéciale à Christian Clavier, tout en retenu (pour du Clavier j’entends…) et Pascal N’Zonzi, qui nous offre quelques moments d’hilarité bien sentis.

POUR LES FLEMMARDS : L’humour à fond cliché est quand même bien foutu, et on ne s’ennuie pas une seconde, mais on aurait préféré que les personnages soient plus travaillés pour profiter pleinement du talent de certains acteurs.

NOTE : 3/5

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Catégories :CRITIQUE

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